L’enquête sur les actes de vandalisme ayant visé plusieurs tombes de martyres et de figures du mouvement national tunisien au cimetière du Djellaz a rapidement abouti à l’interpellation d’un suspect. La justice entend désormais faire toute la lumière sur les circonstances et les motivations de cette profanation qui a suscité une vive émotion à travers le pays.
Selon une source judiciaire citée par l’agence Tap, jeudi 23 juillet 2026, le parquet près le Tribunal de première instance de Tunis a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire confiée au poste de la Sûreté nationale de Sidi El Béchir, dès le mardi 21 juillet, après la dégradation de plaques funéraires en marbre dans le Carré des dirigeants du cimetière du Djellaz.
La même source précise que les investigations ont bénéficié d’une attention particulière, permettant d’identifier puis d’arrêter l’auteur présumé le jour même des faits.
Afin d’approfondir les investigations, le dossier a ensuite été confié à la sous-direction des affaires criminelles relevant de la Direction de la police judiciaire. Celle-ci est chargée de poursuivre l’enquête afin de déterminer l’ensemble des circonstances de cette affaire, ainsi que les motivations exactes de son auteur.
Une profanation qui a provoqué une onde de choc
La découverte de ces dégradations avait été révélée jeudi par plusieurs responsables politiques. L’ancien député Badreddine Gammoudi avait indiqué que plusieurs tombes du Carré des martyrs avaient été vandalisées, notamment celles des dirigeants assassinés Mohamed Brahmi et Chokri Belaïd, mais également celles d’Ahmed Ben Brahim, Salah Ben Youssef, Ahmed Tlili et d’autres figures du mouvement national tunisien.
Le Courant populaire avait dénoncé une « attaque barbare » contre des symboles de l’histoire nationale, qualifiant ces actes de « crime » et appelant les autorités à identifier les responsables et à rendre publics les résultats de l’enquête. Le parti avait également souligné que ces faits intervenaient à quelques jours de la fête de la République et à la veille du treizième anniversaire de l’assassinat de Mohamed Brahmi, le 25 juillet.
La colère de la famille Brahmi
Quelques heures après la révélation des faits, Sarra Brahmi, fille de Mohamed Brahmi, s’était rendue devant le siège de la présidence du gouvernement à la Kasbah pour dénoncer publiquement cette profanation. Accompagnée de sa sœur Balkis, elle avait affirmé qu’elle ne quitterait pas les lieux tant qu’une réponse des autorités ne lui serait pas apportée.
Très émue, elle avait estimé que la dégradation de la tombe de son père ravivait la douleur de son assassinat, près de treize ans après les faits. Elle avait également interpellé l’État sur son incapacité à protéger les sépultures des martyrs, appelant à la restauration des tombes dégradées et à des poursuites contre les responsables.
L’arrestation annoncée par la justice constitue ainsi une première avancée dans ce dossier particulièrement sensible. Reste désormais à déterminer si le suspect a agi seul, les motivations de son acte et si d’autres personnes pourraient être impliquées, autant d’éléments que les investigations de la police judiciaire devront établir.
R.B.H











Commentaire
Citoyen_H
CELA M’ÉTONNERAIT FORTEMENT,
qu’un consanguin de passage, prit, sur un coup de tête, l’initiative de saccager gratuitement, des tombes.
Il faut un peu creuser, les gars (police).
J’imagine que la LTDH, va voler à son secours !!