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Eau embouteillée : les délestages ont aussi endommagé des outils de production, révèle Hédi Baccour

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Par Imen Nouira

    Selon Hédi Baccour, les délestages n’ont pas seulement interrompu la production d’eau embouteillée pendant la vague de chaleur. Ils ont également endommagé certains outils de production, dont plusieurs étaient encore en réparation alors que les tensions sur l’approvisionnement persistaient. C’est ce qu’a indiqué le président de la Chambre syndicale des grandes surfaces, apportant un nouvel éclairage sur les difficultés rencontrées ces derniers jours par l’ensemble de la filière.

    Intervenant mercredi 29 juillet 2026 au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, Hédi Baccour est revenu sur les conséquences des coupures d’électricité sur la filière de l’eau embouteillée. Ces déclarations interviennent au lendemain de celles du président de la Chambre syndicale des producteurs de boissons non alcoolisées, Lassâad Mzah, qui avait lui aussi reconnu l’existence d’un manque d’eau embouteillée sur le marché tout en annonçant un retour progressif à la normale au début de la semaine prochaine.

    Des outils de production endommagés par les délestages

    Les perturbations ne se sont pas limitées aux arrêts temporaires des lignes d’embouteillage. Selon Hédi Baccour, les délestages ont également provoqué des pannes sur certaines machines lors du rétablissement du courant, obligeant plusieurs unités de production à effectuer des réparations avant de retrouver leur rythme normal.

    Pour illustrer ce phénomène, M. Baccour le compare à celui de certains climatiseurs domestiques qui cessent de fonctionner après une coupure de courant et nécessitent une intervention avant d’être remis en service. Selon lui, plusieurs machines ont ainsi dû être réparées avant de pouvoir reprendre leur activité.

    Le responsable souligne que toutes les unités de production ne disposent pas des mêmes dispositifs de protection contre les variations de tension. Certaines étaient mieux protégées que d’autres face aux effets des délestages, ce qui explique que toutes les machines n’aient pas été affectées de la même manière.

    Ces réparations expliquent, selon lui, pourquoi la production n’a pas immédiatement retrouvé son niveau habituel, même après le rétablissement de l’alimentation électrique. Les industriels ont dû composer à la fois avec les interruptions de courant et avec des équipements temporairement indisponibles.

    Même lorsqu’aucune panne n’est constatée, le retour de l’électricité ne signifie pas une reprise immédiate de la production. Selon Hédi Baccour, les chaînes d’embouteillage nécessitent un temps de redémarrage avant de retrouver leur cadence normale, ce qui prolonge les pertes de production après chaque délestage.

    Ces précisions complètent les explications qu’il avait déjà fournies mardi sur Mosaïque FM. Il indiquait alors que la consommation quotidienne avait dépassé la capacité de production sous l’effet de la vague de chaleur, obligeant les opérateurs à puiser dans les stocks constitués auparavant. Une fois ces réserves largement entamées, les délestages avaient accentué le déséquilibre en interrompant la production pendant plusieurs heures. Les nouvelles déclarations de Hédi Baccour suggèrent que les effets des délestages se sont prolongés au-delà des seules coupures, certaines unités devant également réparer leurs machines avant de retrouver leur pleine capacité.

    Des livraisons moins fréquentes et des rayons à gérer jusqu’au soir

    Les conséquences de ces perturbations se répercutent directement sur les grandes surfaces.

    Hédi Baccour explique que plusieurs magasins ne reçoivent désormais qu’une seule livraison quotidienne d’eau embouteillée. Les enseignes cherchent donc à répartir les quantités disponibles tout au long de la journée afin d’éviter que les rayons ne soient entièrement vides dès les premières heures de la matinée.

    Cette organisation explique également pourquoi certains magasins limitent ponctuellement le nombre de bouteilles vendues par client. Il ne s’agit pas, selon lui, d’une consigne générale, mais d’une mesure de gestion destinée à préserver une disponibilité minimale jusqu’en fin de journée et à permettre aux clients venant faire leurs courses plus tard de trouver encore de l’eau en rayon.

    Le président de la Chambre rappelle également que les groupes électrogènes dont disposent les grandes surfaces ne permettent pas d’assurer un fonctionnement normal des magasins pendant les coupures d’électricité.

    Un diagnostic désormais partagé par toute la filière

    Les déclarations de Hédi Baccour viennent enrichir un diagnostic désormais partagé par plusieurs acteurs du secteur.

    La veille, Lassâad Mzah reconnaissait lui aussi l’existence d’un manque d’eau embouteillée sur le marché tunisien. Il l’attribuait à la combinaison d’une consommation exceptionnelle liée aux températures élevées et des arrêts de production provoqués par les délestages. Le représentant des producteurs estimait toutefois que la baisse progressive des températures devrait permettre un retour à la normale au début de la semaine prochaine.

    Les précisions apportées par Hédi Baccour montrent toutefois que les difficultés ne se limitaient pas aux seules heures de production perdues pendant les coupures. Les pannes et les réparations qu’ont nécessité certaines machines ont également pesé sur les capacités des unités d’embouteillage, prolongeant les tensions sur l’approvisionnement.

    Ces déclarations rejoignent également les alertes lancées ces derniers jours par l’association Alert, qui attribuait une partie des tensions aux délestages tout en mettant en garde contre d’éventuelles difficultés d’approvisionnement en granulés de PET destinés à la fabrication des bouteilles.

    Elles confortent aussi les observations réalisées sur le terrain par Business News, qui avait constaté dès le 25 juillet des rayons entièrement vides ou fortement dégarnis dans plusieurs grandes surfaces ainsi que des limitations des quantités vendues par client.

    À cela s’ajoutent les perturbations affectant l’alimentation en eau potable. Les nombreuses coupures d’électricité enregistrées sur les installations de la Sonede ont ralenti le redémarrage des stations de pompage et le rétablissement de la pression dans les réseaux, poussant davantage de consommateurs à se tourner vers l’eau embouteillée.

    Les déclarations successives des représentants des grandes surfaces, des producteurs et de l’association Alert convergent désormais vers un même constat : la combinaison de la hausse exceptionnelle de la demande, des délestages et de leurs conséquences sur la production a durablement perturbé l’approvisionnement du marché. Les précisions apportées par Hédi Baccour ajoutent un élément nouveau à cette analyse en mettant en avant les pannes et les réparations qu’ont subies certaines machines de production.

    I.N.

    *Photo d’illustration

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    3 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      30 juillet 2026 | 15h27

      IL EXISTE UNE INFINITÉ DE DISPOSITIFS EXISTANTS POUR PALIER

      à ce genre de situation ainsi qu’à plusieurs autres
      Il suffit d’en mettre le prix !!
      Abstenons-nous de parler pour ne générer que du vent et de l’incompréhension au sein des limités du caillou !

      Chose très importante à mes yeux, pour parer à l’acquisition de matériels bien couteux pour nos industriels, l’État devrait alléger au grand maximum, si ce n’est de les supprimer, les taxes douanières sur tout ce qui concerne la protection et la sécurité des infrastructures industrielles, aussi bien privées qu’étatiques, hospitalières, aéroportuaires, portuaires, ministérielles, militaires et de biens d’autres infrastructures, avec une contrainte obligatoire.
      Tous ceux qui bénéficieront de cet avantage, verront leurs dispositifs inspectés semestriellement, à titre préventif, par un organisme de contrôle, afin de s’assurer de l’entretien et de la mise en conformité, en fonction de l’évolution des boites ayant acquis de nouveaux équipements.

      L’ORGANISATION est la base du succès !
      Rajouter cette recommandation au cahier des charges des futurs investisseurs, serait un plus.

    2. 1/3i

      Répondre
      30 juillet 2026 | 12h00

      Comment de telles entreprises n’ont pas des systèmes, qui ne coûtent pas si cher, pour empêcher justement ces pannes dûes à retour de la tension.

      Des coupe circuit lorsque la tension n’est pas dans les normes.

    3. Gg

      Répondre
      30 juillet 2026 | 11h28

      Naturellement!
      Si vous coupez le courant d’une ces machines qui font les bouteilles, le plastique refroidit et se solidifie dans les tubes et buses d’injection, la pompe haute pression se transforme en bloc de platique et les moules sont foutus !
      C’est pure folie de couper le courant sans prévenir ! Une catastrophe pour l’entreprise, et le pays parce qu’aucune entreprise communautaire ne fait des bouteilles.

    Répondre

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