Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Eau embouteillée : la Chambre des producteurs reconnaît le manque et prévoit un retour à la normale

Article réservé aux abonnés

Par Imen Nouira

    Le manque d’eau embouteillée constaté depuis plusieurs jours sur le marché tunisien est bien réel. Le président de la Chambre syndicale des producteurs de boissons non alcoolisées, Lassâad Mzah, le reconnaît à son tour, tout en le présentant comme conjoncturel. En cause, selon lui : la forte consommation liée à la chaleur et les arrêts de production provoqués par les coupures d’électricité. Il prévoit un retour à la normale au début de la semaine prochaine.

    Le président de la Chambre syndicale des producteurs de boissons non alcoolisées, Lassâad Mzah, s’est exprimé, mercredi 29 juillet 2026, au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, sur les difficultés d’approvisionnement observées ces derniers jours.

    Interrogé sur la situation dans les commerces, le responsable professionnel a confirmé sans ambiguïté l’existence de tensions sur le marché. « Il y a effectivement un manque, on ne peut pas le nier », a-t-il affirmé, précisant toutefois que celui-ci était temporaire.

    Un déséquilibre entre production et consommation

    Selon Lassâad Mzah, la hausse exceptionnelle des températures a entraîné une forte augmentation de la consommation d’eau embouteillée. Dans le même temps, les coupures d’électricité ont provoqué des arrêts de production dans certaines unités, créant un déséquilibre entre l’offre et la demande.

    Le responsable appelle ainsi les consommateurs à acheter en fonction de leurs besoins et à éviter de constituer des stocks excessifs, afin de permettre au plus grand nombre de s’approvisionner.

    Avec la baisse des températures et le recul attendu de la demande, Lassâad Mzah estime que la situation devrait progressivement s’améliorer d’ici la fin de la semaine et que les choses devraient revenir à la normale au début de la semaine prochaine.

    Des retards sur le plastique, mais pas de rupture

    Interrogé sur d’éventuelles difficultés concernant les matières premières utilisées pour la fabrication des bouteilles en plastique, Lassâad Mzah a reconnu l’existence de perturbations. Il a évoqué des retards dans les ports et les circuits maritimes, liés à la situation internationale, ayant retardé l’arrivée de certaines cargaisons. Il a néanmoins relativisé l’ampleur du problème, assurant que la matière première n’était pas pour autant indisponible et que la situation ne justifiait pas, à ce stade, de s’alarmer.

    Cette appréciation est moins alarmiste que celle exprimée récemment par l’association Alert. Celle-ci avait fait état de difficultés rencontrées par les fabricants tunisiens de plastique PET pour s’approvisionner en granulés nécessaires à la fabrication des préformes et redoutait un manque plus sévère à partir du début du mois d’août.

    Concernant les prix, le représentant des producteurs assure qu’aucune augmentation n’a été décidée et qu’aucune hausse n’est actuellement envisagée, malgré le renchérissement du plastique. Il affirme que les éventuelles majorations constatées dans certains commerces relèvent d’initiatives de commerçants profitant de la situation. Il indique également que les professionnels travaillent en coordination avec le ministère du Commerce et l’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie (ONTH) pour assurer un approvisionnement continu du marché et lutter contre la spéculation et la rétention des marchandises.

    Lassâad Mzah a également insisté sur les conditions de conservation, rappelant que les bouteilles ne doivent pas être exposées directement au soleil. Il a appelé les consommateurs à ne pas acheter celles qui auraient été conservées dans de telles conditions.

    Un manque désormais reconnu par les acteurs du marché, à rebours du discours de l’ONTH

    La reconnaissance du manque par Lassâad Mzah vient conforter les constats dressés ces derniers jours par d’autres acteurs. Mardi, le président de la Chambre syndicale des grandes surfaces, Hédi Baccour, avait lui aussi confirmé son existence. Il l’expliquait par une consommation devenue supérieure à la production quotidienne sous l’effet de la chaleur, l’épuisement progressif des stocks constitués auparavant et les coupures d’électricité ayant perturbé les unités d’embouteillage.

    L’association Alert avait, de son côté, également attribué les tensions aux délestages, tout en alertant sur les difficultés d’approvisionnement en matières premières nécessaires à la fabrication des bouteilles en PET.

    Ces constats rejoignent celui effectué directement sur le terrain par Business News. Dès samedi 25 juillet, des rayons entièrement vides ou fortement dégarnis avaient été observés dans certaines grandes surfaces, tandis que des limitations des quantités vendues par client étaient constatées dans certains points de vente.

    Producteurs, représentants des grandes surfaces et association Alert font ainsi état, à des degrés divers, d’un manque ou de perturbations affectant l’approvisionnement. Une convergence qui tranche avec la position exprimée mardi par l’ONTH.

    La directrice de la communication de l’Office, Moufida Ben Nasr, avait assuré sur la Radio nationale que l’eau minérale était disponible en quantités suffisantes, aux mêmes prix et avec la même qualité. Elle avait attribué les perturbations observées à la hausse de la demande liée à la chaleur, mais également aux « rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux », susceptibles, selon elle, de pousser les consommateurs à acheter davantage qu’à l’accoutumée. La responsable était allée jusqu’à qualifier la situation de « crise artificielle ».

    24 heures plus tard, la reconnaissance explicite d’un manque par le représentant des producteurs accentue le décalage entre le constat dressé sur le terrain et par les acteurs du marché, et la position défendue jusqu’ici par l’ONTH.

    I.N.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *