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Eau embouteillée : plus rare en rayon, plus chère à la caisse… les producteurs s’expliquent

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Par Nadya Jennene

    Alors que la disponibilité de l’eau minérale embouteillée a été perturbée ces derniers jours en Tunisie, entraînant des tensions dans plusieurs points de vente et des signalements de hausse des prix par des citoyens, les professionnels du secteur assurent que les tarifs n’ont pas augmenté au niveau de la production.

    Le président de la Chambre des producteurs de boissons non alcoolisées, Lassâad Mzah, a affirmé samedi 8 août 2026 que les producteurs n’avaient procédé à aucune augmentation des prix de l’eau minérale conditionnée. Selon lui, les hausses constatées sur le marché seraient intervenues au niveau de la distribution, notamment chez certains grossistes et détaillants.

    Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, Lassâad Mzah a appelé les équipes de contrôle relevant du ministère du Commerce à prendre les mesures nécessaires afin de mettre fin aux éventuelles augmentations illégales des prix.

    Cette mise au point intervient dans un contexte de pénurie d’eau minérale embouteillée, particulièrement perceptible au cours des derniers jours. Plusieurs citoyens ont en effet fait état de difficultés à s’approvisionner et dénoncé, sur les réseaux sociaux et auprès de différents médias, une hausse des prix de certaines bouteilles.

    Pour le responsable de la Chambre des producteurs, toutefois, la situation est désormais en voie d’amélioration. Il a indiqué que l’approvisionnement du marché en eau conditionnée avait retrouvé un rythme normal, notamment grâce à la baisse des températures et à l’absence de nouvelles coupures récurrentes d’électricité dans les unités de production.

    La disponibilité des bouteilles d’eau minérale avait été mise à rude épreuve dans un contexte marqué par une forte demande, sur fond de températures particulièrement élevées et de perturbations ayant affecté la production. L’eau conditionnée constitue en effet un produit particulièrement sollicité durant les épisodes de forte chaleur, ce qui accentue rapidement toute perturbation de la chaîne de production ou de distribution.

    Des usines perturbées par les délestages

    Ces tensions interviennent après plusieurs jours durant lesquels les unités d’embouteillage ont été directement affectées par les délestages électriques. Lassâad Mzah avait expliqué, jeudi 6 août, que les chaînes de production fonctionnent normalement de manière continue et que chaque coupure de courant entraîne leur arrêt, avant une reprise progressive de la cadence une fois l’électricité rétablie.

    La Steg avait en effet repris les délestages les 3, 4 et 5 août, dans un contexte de nouvelles fortes chaleurs et de sollicitation élevée du réseau électrique. Ces coupures tournantes ont affecté plusieurs régions et perturbé l’activité de nombreuses entreprises, dont les unités de production d’eau conditionnée.

    À cette baisse temporaire de la production s’est ajoutée une demande exceptionnellement élevée. La canicule a poussé les consommateurs à augmenter leur consommation d’eau, tandis que les perturbations de l’alimentation en eau potable dans certaines régions ont également conduit des ménages à se tourner davantage vers l’eau embouteillée, y compris pour les usages domestiques.

    Les achats de précaution ont par ailleurs accentué la pression sur le marché. Face à la crainte de manquer d’eau, certains consommateurs ont constitué des stocks dépassant leurs besoins quotidiens, contribuant à accélérer l’épuisement des disponibilités dans les commerces.

    Un stock stratégique épuisé plus tôt que prévu

    Selon les explications déjà fournies par Lassâad Mzah, les producteurs avaient pourtant constitué durant l’hiver un stock stratégique destiné à couvrir les besoins du marché jusqu’au 15 août. Mais l’augmentation exceptionnelle de la demande, conjuguée aux perturbations de la production, a conduit à l’épuisement de ce stock bien plus rapidement que prévu.

    Le responsable de la Chambre des producteurs avait ainsi insisté sur le fait que la situation ne traduisait pas un déficit des capacités industrielles. Le problème résulterait plutôt d’un déséquilibre temporaire entre une production momentanément perturbée et une consommation particulièrement élevée.

    D’autres acteurs de la filière avaient également fait état de difficultés. Le président de la Chambre syndicale des grandes surfaces, Hédi Baccour, avait notamment indiqué que les délestages avaient non seulement interrompu la production, mais également endommagé certaines machines dans des unités d’embouteillage, compliquant et retardant le retour à une cadence normale.

    L’association Alert avait, pour sa part, évoqué des difficultés d’approvisionnement en granulés de PET, une matière première utilisée dans la fabrication des bouteilles, ajoutant un autre élément aux tensions affectant la chaîne d’approvisionnement.

    L’ensemble de ces facteurs — production perturbée, forte demande, achats de précaution, difficultés de distribution et recours accru à l’eau embouteillée en raison des perturbations de l’eau potable — a ainsi contribué à créer une tension inhabituelle sur le marché.

    Avec l’amélioration des conditions météorologiques et l’absence de nouvelles coupures récurrentes affectant les unités de production, les professionnels du secteur tablent désormais sur un retour progressif à une situation normale. Reste à savoir si cette amélioration se traduira rapidement dans les rayons et si les prix pratiqués par certains intermédiaires reviendront eux aussi à leur niveau habituel.

    N.J

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