Le Front de salut national a vivement critiqué, dimanche 23 août 2026, la gestion par le pouvoir des crises politiques, sociales et économiques qui ont marqué la Tunisie durant l’été. Dans un communiqué intitulé « Un été de souffrances et de violations : le pouvoir est appelé à apporter des solutions, pas à constater les crises », le mouvement d’opposition estime que les visites de terrain, les réunions et les commissions ne sauraient se substituer à des réponses concrètes aux difficultés des citoyens.
Le mouvement dresse un tableau particulièrement critique de la situation du pays, évoquant une accumulation de « violations, de souffrances et de drames », sur fond de tensions politiques, de difficultés dans les services publics et de nouvelles tragédies liées à la migration irrégulière.
L’arrestation de Seifeddine Arfaoui au cœur des critiques
Sur le plan politique et des libertés, le Front de salut national revient sur l’arrestation de l’activiste Seifeddine Arfaoui, intervenue après un slogan considéré comme offensant à l’égard du président de la République.
Le mouvement y voit un nouvel exemple, selon lui, de l’élargissement du champ des poursuites liées à l’expression et aux opinions. Il dénonce également le rôle que pourraient jouer les campagnes d’incitation et de diffamation sur les réseaux sociaux, notamment à travers des comptes anonymes ou présentés comme proches du pouvoir, dans le déclenchement de poursuites judiciaires et sécuritaires.
Pour le mouvement, la liberté d’expression ne saurait dépendre de l’appréciation du pouvoir à l’égard des propos tenus. Il estime que le droit à la critique, à la contestation et même à l’expression de propos jugés choquants doit être garanti, dès lors qu’il ne s’agit pas d’actes clairement incriminés par la loi et que les garanties d’un procès équitable sont respectées.
Le nouveau naufrage de Ben Guerdane ravive la question migratoire
Le Front de salut national consacre également une large partie de son communiqué au naufrage d’une embarcation au large de Ben Guerdane, qui a fait plusieurs victimes et disparus.
Tout en présentant ses condoléances aux familles des victimes et en exprimant sa solidarité avec les habitants de Ben Guerdane, le mouvement considère cette nouvelle tragédie comme le symptôme d’une crise plus profonde.
Il estime que les causes structurelles de la migration irrégulière – chômage, marginalisation, absence de perspectives et perte de confiance dans l’avenir — n’ont pas été traitées de manière suffisante.
Le mouvement établit ainsi un lien entre ces drames en mer et la situation socio-économique des jeunes Tunisiens, qui, selon lui, continuent de prendre des risques considérables dans l’espoir de trouver de meilleures conditions de vie.
Le dossier de Zarzis toujours au centre des revendications
Le mouvement revient également sur le dossier du naufrage de Zarzis, rappelant les promesses faites aux familles des victimes et les déclarations évoquant des « vérités fracassantes ».
Pour lui, plusieurs années après les faits, la justice ne peut rester au stade des promesses différées. Il réclame que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les responsabilités soient clairement établies.
Le Front de salut national demande ainsi aux autorités de faire toute la lumière aussi bien sur le drame de Zarzis que sur le nouveau naufrage au large de Ben Guerdane, et de sanctionner toute personne dont la responsabilité serait établie.
Eau, électricité et pénuries : « Le citoyen a besoin de solutions »
Dans son communiqué, le mouvement s’attaque également à la gestion des difficultés d’approvisionnement qui ont marqué l’été, citant les coupures répétées d’électricité et d’eau potable, les perturbations dans l’approvisionnement en eau minérale ainsi que les pénuries de certains produits de base.
Il critique notamment ce qu’il considère comme une multiplication des déplacements officiels et des opérations de constat, sans réponses structurelles aux problèmes rencontrés.
Il résume sa critique par une formule : « La Tunisie ne souffre pas d’un manque de visites, mais d’un manque de solutions, d’efficacité et de reddition des comptes. »
Pour illustrer son propos, le mouvement estime qu’un citoyen n’a pas besoin qu’un responsable vienne constater une coupure d’eau, mais qu’il a besoin d’eau. De même, il n’a pas besoin qu’un responsable constate une crise électrique, mais qu’il puisse disposer d’électricité.
Le pouvoir appelé à « restaurer la confiance »
Le Front de salut national formule plusieurs demandes à l’adresse des autorités. Il réclame notamment l’arrêt des poursuites visant les citoyens et les militants pour leurs opinions et leurs expressions pacifiques, ainsi que la libération des personnes détenues, selon lui, en raison de leurs positions politiques ou de leur exercice du droit à la liberté d’expression.
Le mouvement demande également la fin des campagnes d’incitation et de diffamation précédant les poursuites judiciaires et appelle à engager la responsabilité de toute personne impliquée dans de telles campagnes.
Sur le plan social, il appelle à une réponse durable aux crises de l’eau, de l’électricité et de l’approvisionnement en produits de base, ainsi qu’à une réforme des services publics fondée sur la compétence et la responsabilité.
« La fonction de l’État n’est pas de constater la souffrance »
En conclusion, le Front de salut national affirme refuser que la Tunisie devienne un espace où les mots et les slogans seraient davantage surveillés que les causes des crises sociales et économiques.
Pour le mouvement, la dignité des citoyens ne peut être garantie par les discours, mais par « la liberté, la justice, les services et les solutions ».
Le Front de salut national résume sa position en estimant que la fonction de l’État n’est pas de constater la souffrance des citoyens, mais d’y mettre fin.
Et de poser une question qui, selon lui, devrait constituer le principal indicateur de l’action publique : la vie des citoyens est-elle devenue meilleure ?
S.H












Commentaire
WILD PING
https://www.voltairenet.org/article168223.html
Qu’ont-ils fait en 10 ans? Rien si ce n’est s’accaparer le pouvoir, les privilèges et les richesses.