Le journaliste Zied El Heni a annoncé, samedi 10 octobre 2026, son soutien à la grève de la faim observée par les opposants politiques Ahmed Néjib Chebbi et Abdelhamid Jelassi, détenus, en signe protestation contre l’interruption de la diffusion de la chaîne d’information TV5 Monde. Il a également fait part de sa décision de se joindre symboliquement à ce mouvement, qu’il inscrit dans la défense du droit à l’information.
Abdelhamid Jelassi a entamé une grève de la faim ouverte, accompagnée d’un refus de suivi médical en prison, lundi 5 octobre 2026. Détenu depuis février 2023 dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État », il estime avoir épuisé tous les moyens de recours et de communication avec les autorités après près de quatre ans de détention. Condamné en appel à dix ans de prison, il a vu sa peine devenir définitive le 3 septembre dernier, après le rejet de son pourvoi en cassation.
Le mercredi 7 octobre 2026, Ahmed Néjib Chebbi, président du Front de salut national, a pour sa part, provisoirement suspendu sa grève de la faim, entamée le 1er octobre pour protester contre les restrictions d’accès aux chaînes d’information, aux journaux et aux livres en prison. Cette décision intervient après plusieurs transferts à l’hôpital en raison notamment d’une chute importante de sa glycémie et de sa tension artérielle.
Dans son communiqué adressé à l’opinion publique, Zied El Heni a par ailleurs annoncé sa comparution, vendredi 16 octobre, devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis. Il est poursuivi pour quatre infractions à caractère terroriste, en lien avec un entretien journalistique qu’il avait réalisé.
Selon l’acte de renvoi cité par Zied El Heni, les accusations portent notamment sur des soupçons de participation à une entente terroriste, de fourniture et de diffusion d’informations au profit d’une organisation terroriste, de non-signalement d’informations relatives à une infraction terroriste et de contacts avec des agents d’un État étranger dans le but de porter atteinte à la situation du pays.
Rejetant ces accusations, le journaliste a dénoncé des poursuites qu’il considère comme une atteinte à l’exercice de son métier et à la liberté de la presse. Il a affirmé également que son droit à la protection de ses sources avait été violé au cours de l’enquête, en référence à l’article 11 du décret-loi n° 2011-115 relatif à la liberté de la presse.
Zied El Heni doit également comparaître, le 6 novembre prochain, devant une autre chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis, dans une affaire portant sur la cession d’un bien immobilier appartenant à la municipalité de Carthage à un prix inférieur à l’estimation des experts. Il a également contesté le bien-fondé de cette accusation et a affirmé que la transaction avait été décidée par le conseil municipal en 2008, puis approuvée par les autorités compétentes.
Zied El-Heni a été placé en détention le 26 avril 2026 dans une autre affaire, liée à des déclarations publiques dans lesquelles il avait notamment critiqué des magistrats.
Le 7 mai, le Tribunal de première instance de Tunis l’a condamné à un an de prison sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications, pour des faits qualifiés d’« atteinte à autrui via les réseaux publics de communication ». Cette condamnation a été confirmée le 26 juin 2026 par la Cour d’appel de Tunis.
Alors qu’il se trouvait déjà en détention, un nouveau mandat de dépôt a été émis à son encontre, le 10 juin 2026, dans une affaire du bien immobilier appartenant à la municipalité de Carthage.
N.J










