Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Congrès annulé, crise ouverte : Samira Saïhi défie la direction du PDL

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Myriam Ben Zineb

    L’annulation du « Congrès de la fidélité » n’aura pas suffi à éteindre l’incendie au sein du Parti destourien libre (PDL). Au lendemain de l’annonce de l’abandon définitif de ce rendez-vous, suspendu par la justice à la veille de son ouverture, Samira Saïhi, membre du bureau politique et à l’origine de la procédure judiciaire, a vivement répliqué à la direction du parti. Quorum contesté, accusations de désinformation, documents du congrès et soupçons d’irrégularités : loin de clore le dossier, la décision annoncée mardi 13 octobre 2026 ravive les divergences qui traversent la formation politique.

    Dans une publication sur Facebook, la dirigeante a notamment remis en question la légitimité de la réunion du bureau politique ayant acté l’abandon du congrès. Elle affirme que six membres élus de cette instance étaient absents et s’interroge sur les conditions dans lesquelles la réunion a été tenue, en particulier sur le respect du quorum requis.

    La contestation ne porte donc plus seulement sur la tenue du congrès, mais aussi sur les décisions prises en son nom et sur la manière dont la direction présente cette crise aux militants.

    « Cette seule personne, c’est moi » : Saïhi contre-attaque

    Le ton s’est durci lorsque Samira Saïhi a répondu aux accusations du communiqué du PDL, qui reproche à une seule personne d’avoir privé des centaines de congressistes de leur droit de choisir leurs dirigeants.

    La mise en cause est directe. « Cette seule personne, c’est moi », a-t-elle répliqué, tout en soulignant qu’elle conservait, à la date de sa publication, l’intégralité de ses fonctions au sein du parti.

    La responsable conteste également la présentation du différend comme une tentative visant à écarter Abir Moussi de la scène politique. Elle accuse, en substance, la direction de détourner le débat de son véritable objet et réclame que les raisons de la crise soient exposées sans détour.

    Pour elle, le conflit ne saurait être réduit à une opposition entre les partisans et les adversaires de la présidente du PDL. Il porte aussi sur l’interprétation des statuts, les règles de fonctionnement des instances dirigeantes et les conditions dans lesquelles le parti prépare son congrès.

    Un bureau politique sous contestation, des documents au cœur du litige

    Samira Saïhi renouvelle, dans ce contexte, sa demande de réunir le bureau politique dans sa composition issue du congrès de 2021, à huis clos, afin d’examiner les différents aspects de la crise. Elle évoque des irrégularités présumées ainsi que ce qu’elle décrit comme des tentatives d’infiltration destinées à fragiliser le parti. Des accusations qui restent, à ce stade, les siennes.

    Elle s’oppose également à la décision de conserver les documents préparatoires du congrès dans les archives du PDL et de les rassembler dans un ouvrage. Selon elle, il revient d’abord à la justice de déterminer si ces pièces comportent des informations erronées ou constituent des éléments de preuve.

    Ce point n’est pas anodin : alors que la direction entend archiver les documents et contester le jugement en appel, Saïhi estime que leur traitement ne peut relever de la seule décision des responsables du parti. Le désaccord dépasse ainsi la question de l’organisation matérielle du congrès pour toucher à la manière dont les protagonistes entendent documenter et défendre leur version des faits.

    De la bataille des statuts au bras de fer judiciaire

    Pour étayer sa position, Samira Saïhi revient sur la chronologie de la procédure. Elle rappelle que le jugement ordonnant la suspension du congrès a été rendu avant que le bureau politique ne décide d’y renoncer définitivement.

    Elle met également en doute la tenue de la réunion du comité central annoncée pour le 2 octobre, affirmant que des membres des structures concernées lui ont livré une version différente des événements.

    La responsable assure, par ailleurs, avoir d’abord demandé l’ouverture d’une enquête interne avant de saisir la justice, sans obtenir de réponse favorable. Cette version éclaire sa volonté de présenter le recours judiciaire non comme une initiative isolée, mais comme l’aboutissement d’une contestation qu’elle estime ne pas avoir pu faire aboutir au sein des instances du parti.

    Le différend trouve son origine dans la controverse autour de la candidature d’Abir Moussi à un nouveau mandat à la présidence du PDL. Validée par le bureau politique le 23 septembre, cette candidature avait suscité des objections concernant l’interprétation de l’article 11 des statuts, qui limite à deux le nombre de mandats complets consécutifs à la tête du parti, à compter du premier congrès électif.

    La direction considère que le décompte doit commencer avec le congrès électif de 2021. Des contestataires estiment, pour leur part, qu’un nouveau mandat serait contraire aux règles internes. Saisie dans ce contexte, la chambre des référés du Tribunal de première instance de Tunis a ordonné, le 2 octobre, la suspension du congrès prévu les 3 et 4 octobre.

    Le PDL a ensuite annoncé l’abandon définitif de ce rendez-vous, tout en affirmant vouloir faire appel du jugement et dénonçant une intervention visant, selon lui, à empêcher la tenue du congrès et à écarter Abir Moussi de la scène politique.

    Une crise qui ne se referme pas avec l’annulation du congrès

    Tout en remerciant les personnes ayant tenté de favoriser l’apaisement, Samira Saïhi affirme que sa démarche vise à défendre le respect des statuts et à préserver le parti. Elle prévient qu’elle s’opposera de nouveau à toute tentative similaire.

    Son intervention se termine sur un souhait qui ramène le conflit à sa dimension politique et personnelle : voir Abir Moussi retrouver sa liberté afin qu’elle puisse constater elle-même ce qui s’est passé au sein de sa formation.

    Entre la direction, qui dénonce une entrave judiciaire à la vie du parti, et Samira Saïhi, qui revendique une démarche de défense des règles internes, les versions continuent de s’opposer. Le congrès est désormais abandonné, mais les questions relatives à sa préparation, à la gouvernance du PDL et à l’interprétation de ses statuts restent entières.

    L’épisode révèle surtout une crise qui ne se résume plus à la suspension d’un rendez-vous électif : c’est désormais la légitimité des décisions internes et la manière de raconter cette bataille aux militants qui sont au cœur du bras de fer.

    M.B.Z

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *