Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Fethi Zouhaier Nouri au FMI : les effets des crises restent profondément inégaux

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Imen Nouira

[sharethis-inline-buttons]

Dans un contexte international marqué par une succession de chocs économiques, financiers et géopolitiques, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhaier Nouri, a appelé à la mise en place de mécanismes de stabilisation rapide en faveur des économies les plus exposées, dont la Tunisie.

S’exprimant à l’occasion des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et du groupe de la Banque mondiale, tenues à Washington, le gouverneur a dressé un constat préoccupant de l’évolution de l’économie mondiale, désormais inscrite, selon lui, dans « un régime de crises permanentes et interconnectées, où l’incertitude s’impose comme norme ».

Des chocs asymétriques qui fragilisent davantage les économies vulnérables

Dans le communiqué publié vendredi 17 avril 2026 par l’autorité monétaire, M. Nouri souligne que, malgré un diagnostic globalement partagé au niveau international, les effets des crises restent profondément inégaux. Les économies les plus vulnérables subissent de plein fouet les répercussions des chocs énergétiques, financiers et géopolitiques.

Ces perturbations se traduisent, dans ces pays, par des tensions inflationnistes immédiates, une pression accrue sur les réserves en devises et des dynamiques de dépréciation monétaire. Autant de facteurs qui réduisent davantage les marges de manœuvre des autorités nationales.

Le gouverneur rappelle, dans ce contexte, que la Tunisie a traversé plusieurs épisodes de crise au cours des dernières années, tout en faisant preuve d’une certaine résilience grâce à des mesures prises en temps opportun.

Plaidoyer pour une réponse internationale plus réactive

Face à ces contraintes, Fethi Zouhaier Nouri appelle à une réponse internationale « coordonnée et plus réactive », à même d’accompagner efficacement les pays confrontés à des chocs exogènes répétés.

Il plaide notamment pour la mise en place de mécanismes de stabilisation rapide, destinés à soutenir les économies les plus exposées, et insiste sur la nécessité de renforcer le rôle du Fonds monétaire international. Celui-ci devrait, selon lui, accroître ses capacités en matière d’anticipation, de prévention des crises et de limitation des effets de contagion.

Dans le même esprit, le gouverneur recommande une meilleure prise en compte des facteurs géopolitiques, énergétiques et logistiques dans les analyses macro-financières.

Une vulnérabilité tunisienne confirmée par le FMI

Cette alerte intervient alors que la Tunisie figure parmi les économies les plus exposées aux chocs actuels, selon les dernières analyses du Fonds monétaire international. Dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient et le retour des tensions inflationnistes, les perspectives apparaissent plus dégradées pour les pays émergents dépendants des importations énergétiques.

La croissance tunisienne devrait ainsi rester limitée, autour de 2,1% en 2026, tandis que l’inflation se maintiendrait à des niveaux élevés, dépassant 6%, soit nettement au-dessus de la moyenne mondiale. Cette configuration traduit des fragilités structurelles persistantes, notamment une forte sensibilité aux prix de l’énergie et des marges budgétaires contraintes, qui réduisent la capacité du pays à absorber les chocs externes.

Dans ce contexte, la Tunisie apparaît en première ligne face à un environnement international de plus en plus instable, ce qui renforce la portée du plaidoyer de la Banque centrale en faveur de mécanismes de soutien rapide et d’un cadre international plus équitable.

Un appel à un cadre international plus équitable

Au-delà des instruments financiers, M. Nouri insiste sur la nécessité d’un cadre international plus équitable. Les économies vulnérables, souligne-t-il, ne réclament pas un traitement d’exception, mais des conditions leur permettant de disposer du temps et de l’espace nécessaires pour absorber les chocs et poursuivre leurs réformes structurelles.

Une participation tunisienne sous le signe de la mobilisation financière

La participation de la Tunisie à ces réunions de printemps intervient dans un contexte particulier, marqué par la persistance des incertitudes économiques mondiales et par des besoins de financement importants.

Ce rendez-vous annuel du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale constitue une plateforme stratégique d’échanges entre décideurs publics, institutions financières et experts internationaux autour des grandes orientations économiques et des perspectives de financement du développement.

Dans ce cadre, la présence tunisienne à Washington revêt un enjeu majeur, alors que les discussions avec le FMI restent au point mort depuis 2022, malgré un accord de principe conclu la même année pour un financement de 1,9 milliard de dollars.

En parallèle, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a multiplié les rencontres avec plusieurs institutions financières internationales et partenaires bilatéraux. L’objectif : consolider les coopérations existantes, mettre en avant les priorités économiques nationales et surtout mobiliser de nouveaux appuis financiers.

Maintenir le dialogue dans un environnement international sous tension

La participation tunisienne aux réunions de printemps s’inscrit dans une logique de maintien du dialogue avec les partenaires internationaux, de recherche de financements et de renforcement de la visibilité du pays sur la scène économique mondiale.

Dans un environnement global marqué par des tensions persistantes et une volatilité accrue, les marges de manœuvre des économies comme celle de la Tunisie restent étroitement dépendantes des évolutions internationales, rendant d’autant plus cruciales les initiatives de coordination et de soutien multilatéral.

I.N.

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *