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Centrales photovoltaïques : Fatma Mseddi a voté contre et se justifie

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Par Nadya Jennene

    Dans un contexte marqué par une vive controverse autour des projets de loi relatifs aux conventions de production d’électricité à partir de l’énergie solaire, la députée Fatma Mseddi est sortie de son silence, mercredi 29 avril 2026, pour expliciter les raisons de son vote négatif. Alors que le texte a suscité de profondes divisions au sein de l’Assemblée des représentants du peuple, plusieurs élus ayant exprimé leurs réserves, l’élue a tenu à clarifier sa position dans une publication détaillée sur Facebook. 

    Un vote contre les modalités, pas contre le solaire

    Fatma Mseddi a d’abord insisté sur un point : son opposition ne vise nullement le principe de l’investissement dans les énergies renouvelables. Elle réfute également les accusations évoquant une atteinte à la souveraineté nationale, rappelant que les partenariats énergétiques avec des investisseurs étrangers constituent une pratique courante à l’échelle internationale. Son vote « contre », a-t-elle précisé, concerne exclusivement la nature du contrat proposé et les modalités de sa structuration.

    La députée a évoqué un déséquilibre manifeste en faveur de l’investisseur étranger. Selon ses explications, le contrat garantit à ce dernier une sécurité financière quasi totale, indépendamment des performances réelles du projet. Les investissements seraient sécurisés en amont, avec des mécanismes de protection contre les fluctuations du dinar ainsi que contre d’éventuelles modifications du cadre législatif. « Même en cas de contre-performance, l’investisseur ne subirait pas de pertes significatives », a-t-elle avancé. 

    Un contrat jugé déséquilibré au profit des investisseurs étrangers

    La députée a déploré, par ailleurs, que les risques opérationnels et financiers reposaient essentiellement sur les épaules de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg). Celle-ci serait amenée à assumer les aléas liés à la production, aux perturbations du réseau, ainsi qu’aux besoins d’importation d’électricité en période de forte demande. À cela s’ajouteraient les coûts liés au stockage et à l’équilibrage énergétique, ce qui, selon elle, consacre une répartition inéquitable entre profits privés et risques publics.

    Fatma Mseddi a mis également en garde contre les engagements financiers de long terme induits par ce type de contrats. Dans certaines configurations l’État pourrait se retrouver contraint d’honorer des obligations financières importantes en cas de résiliation ou de litige, y compris le remboursement des financements en cours. Ces engagements, qui pourraient s’étendre sur des périodes allant de 20 à 30 ans, risqueraient ainsi de « lier durablement » les finances publiques, même en cas de changement du contexte économique, selon l’élue. 

    Des risques publics durables face à des gains privés limités

    Autre point de préoccupation soulevé : l’absence de garanties suffisantes en matière de performance. La députée a souligné que, dans l’éventualité où la production énergétique serait inférieure aux prévisions, les mécanismes de compensation au profit de l’État demeureraient limités. Ce dernier serait alors tenu de pallier les déficits, notamment en recourant à des achats supplémentaires d’électricité.

    Fatma Mseddi a conclu en insistant sur la faiblesse de la valeur ajoutée locale générée par ces projets. Selon elle, la majorité des réalisations serait confiée à des entreprises étrangères, avec un impact limité sur l’emploi national et un transfert technologique insuffisant. Une situation qui, à ses yeux, se traduirait par une sortie nette de devises au détriment de l’économie tunisienne.

    Selon elle, si l’investissement dans l’énergie solaire constitue une nécessité stratégique, il ne saurait se faire au prix d’un déséquilibre contractuel faisant peser sur l’État et le citoyen l’essentiel des coûts, des risques et des engagements à long terme. 

    Cette prise de position s’inscrit dans un débat plus large, entre arguments économiques — notamment la réduction du coût de production de l’électricité — et interrogations sur la souveraineté énergétique et le recours aux investisseurs privés.

    La veille avant que le Parlement ne se prononce en faveur des projets de loi relatifs à des conventions de production d’électricité à partir de l’énergie solaire, dans le cadre de contrats de concession portant sur des centrales photovoltaïques, plusieurs députés ont manifesté devant l’Assemblée pour exprimer leur opposition. La députée Najla Lahiani a, elle, mis en garde contre un déséquilibre en faveur des investisseurs étrangers, tandis que le député Bilel El Mechri a évoqué un « colonialisme énergétique » accusant le Parlement de « trahison ». 

    Les textes s’inscrivent, rappelons-le, dans une stratégie visant à réduire la dépendance énergétique du pays et à mobiliser des investissements estimés à 1,6 milliard de dinars pour une capacité d’environ 600 mégawatts.

    N.J

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