L’Association des magistrats tunisiens (AMT) a exprimé, dans un communiqué publié mercredi 29 avril 2026, sa solidarité avec la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), à la suite de la décision de geler ses activités pour une durée d’un mois.
L’AMT indique que cette mesure a été prise « sans aucun motif », tout en soulignant qu’elle intervient dans un climat marqué par une montée des pressions visant les acteurs de la société civile, les journalistes et les organisations, ainsi que par des restrictions croissantes sur les libertés d’expression, de réunion et d’organisation.
Une inquiétude face à une décision ciblant une organisation historique
Dans son communiqué, l’association fait part de sa « profonde préoccupation » face à cette décision visant une organisation qu’elle qualifie de « nationale et historique », rappelant le rôle central joué par la LTDH, depuis des décennies, dans la défense des droits et libertés, la lutte contre l’arbitraire et la promotion des valeurs de justice et d’État de droit.
Un rappel des garanties constitutionnelles
L’AMT insiste sur le fait que la liberté d’association et l’activité civile constituent des piliers fondamentaux de tout système démocratique. Elle souligne que toute restriction en la matière doit impérativement respecter les garanties légales et procédurales, conformément à la Constitution, aux traités ratifiés et aux engagements internationaux de la Tunisie en matière de droits humains.
Elle met en garde contre le recours à des mesures susceptibles d’entraver le fonctionnement des associations, estimant qu’elles risquent de limiter leur rôle dans la protection des droits et le contrôle de leur respect, au détriment de l’équilibre entre les différentes composantes de l’État et de la société.
Soutien et appel à une approche équilibrée
L’association exprime, par ailleurs, son soutien à la LTDH dans son intention de contester cette décision par les voies légales, tout en affirmant son attachement à son droit de poursuivre ses activités.
Elle appelle à privilégier une approche juridique « équilibrée », fondée sur le respect des droits et libertés et la garantie de l’indépendance de l’action associative, estimant que cela contribue à renforcer la confiance dans les institutions et à préserver les acquis nationaux.
Mobilisation élargie
La réaction de l’AMT s’inscrit dans un mouvement plus large de soutien à la LTDH. Plusieurs organisations nationales ont en effet exprimé leur solidarité, notamment l’Ordre national des avocats de Tunisie et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), dénonçant à leur tour une atteinte aux libertés associatives.
La LTDH a annoncé, dimanche 26 avril 2026, son rejet « catégorique » de la décision de justice ordonnant la suspension de ses activités pour une durée d’un mois. L’organisation a dénoncé une mesure « arbitraire » et annoncé son intention de contester cette décision par les voies légales, tout en appelant à la mobilisation pour défendre la liberté associative.
M.B.Z











