Alors que l’Assemblée des représentants du peuple examine, mardi 28 avril 2026, cinq projets de loi relatifs à l’octroi de concessions pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables, l’Observatoire tunisien de l’économie a mis en garde contre des « risques » pesant sur la souveraineté nationale et les équilibres financiers du pays.
Ces textes, inscrits à l’ordre du jour de la séance plénière, reposent sur le rapport unifié de la commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement. Ils concernent des projets de centrales photovoltaïques dans plusieurs régions, notamment à Khebna, Mezzouna (Sidi Bouzid), Kasserine, Sagdoud et Menzel Habib.
Des objectifs contestés
Dans une note d’orientation intitulée « Projets de lois d’octroi de concessions d’énergies renouvelables : transition annoncée, souveraineté menacée », l’Observatoire critique les fondements mêmes de ces projets.
Il estime que, malgré les objectifs affichés par l’exécutif — indépendance énergétique, réduction des coûts et amélioration de la situation de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz —, le dispositif proposé privilégie « les intérêts des financeurs » au détriment de l’intérêt national.
Risques financiers et pression sur la Steg
L’analyse met en avant plusieurs risques majeurs, à commencer par un impact financier direct sur la Steg. Selon l’Observatoire, l’entreprise publique supporterait l’essentiel des risques et des coûts supplémentaires liés à ces projets, ce qui pourrait l’entraîner dans une spirale d’endettement croissant.
L’Observatoire évoque également un déséquilibre contractuel, estimant que les accords envisagés garantiraient prioritairement la rentabilité des investisseurs étrangers, sans contreparties significatives en matière de transfert de technologie, d’intégration industrielle locale ou de création d’emplois durables.
Déséquilibres macroéconomiques et risques environnementaux
Parmi les autres points soulevés figurent le transfert du risque de change vers la Steg et la sortie de devises sur une période pouvant dépasser vingt ans, ce qui, selon l’Observatoire, est susceptible d’affecter les équilibres financiers du pays.
Le document mentionne également des préoccupations d’ordre environnemental, liées à l’impact potentiel de ces projets sur les écosystèmes naturels et pastoraux.
Appel à revoir la stratégie
Au vu de ces éléments, l’Observatoire appelle les députés à rejeter ces contrats de concession et plaide pour l’organisation de nouvelles auditions afin de repenser la stratégie de transition énergétique.
Il recommande, en outre, une révision de la loi de 2015 encadrant le secteur, afin de soumettre la stratégie nationale de l’énergie aux mêmes mécanismes d’approbation que les plans de développement.
L’objectif, selon lui, est de faire de la transition énergétique un levier de renforcement des capacités technologiques nationales, en impliquant davantage les chercheurs et les acteurs économiques locaux.
M.B.Z














Commentaire
HatemC
Le discours de l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE) n’est pas absurde… mais il est incomplet et biaisé.
Il met en avant des risques réels, tout en passant sous silence une réalité essentielle :
NE RIEN FAIRE COUTE DEJA BEAUCOUP PLUS CHER A LA TUNISIE ;;;
Transition énergétique en Tunisie …. le vrai risque, c’est l’immobilisme
L’Observatoire tunisien de l’économie alerte sur les risques des concessions photovoltaïques.
Mais il oublie l’essentiel : la Tunisie paie déjà très cher… son absence de transition.
Aujourd’hui, notre souveraineté énergétique est déjà entamée :
dépendance au gaz importé
déficit chronique de la STEG
exposition aux chocs internationaux
Refuser les investissements privés au nom du risque, c’est choisir :
plus de dépendance
plus de déficit
moins d’avenir industriel
Oui, les contrats doivent être exigeants :
contenu local
transfert de technologie
gouvernance rigoureuse
Mais opposer souveraineté et transition est une erreur stratégique majeure.
Car la vraie souveraineté, ce n’est pas de produire seul.
C’est de sécuriser durablement son énergie.
Et aujourd’hui, le solaire est une opportunité.
Pas une menace.