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Électricité : cinq solutions que l’idéologie empêche

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Par Nizar Bahloul

    La semaine a été caractérisée par les coupures d’électricité, à répétition et pendant des heures, sur l’ensemble du territoire à cause des délestages que nous impose la Steg, elle-même contrainte par une consommation qui dépasserait, selon les officiels, de 30 % les moyennes habituelles.

    Les conséquences de ces délestages sont innombrables et se comptent en centaines de millions de dinars, avec les marchandises perdues, les heures de travail sacrifiées, les chiffres d’affaires envolés et les recettes fiscales en moins.

    Pour les consommateurs domestiques d’abord, contraints, lorsque les coupures se prolongent ou se répètent, de jeter viandes, glaces et autres produits dont la conservation n’est plus garantie.

    Mais cela reste sans grande gravité par rapport aux risques qu’encourent ceux dont la vie dépend d’appareils à oxygène ou de divers autres équipements médicaux.

    Pour l’économie ensuite. Si certains sont obligés de suspendre leurs activités, tels que les grandes surfaces, les usines, les entreprises et les établissements dépourvus de climatisation (cafés, restaurants…) et subissent donc un « simple » manque à gagner, d’autres enregistrent des pertes sèches, car leur activité dépend étroitement de l’électricité et leurs produits deviennent impropres à la consommation. C’est le cas des pâtisseries, des glaciers, des entrepôts frigorifiques ou encore de certains médicaments conservés dans les pharmacies devenus inutilisables… Dès lors que la chaîne du froid est brisée, tout part à la poubelle.

    Pour l’État enfin, à commencer par la Steg elle-même. Des clients privés d’électricité pendant des heures, ce sont autant de revenus en moins pour la compagnie. Une activité économique à l’arrêt signifie également des recettes fiscales en moins. Sans parler de ceux qui profitent des délestages pour vendre leurs produits au noir, puisque les caisses enregistreuses connectées au fisc sont à l’arrêt.

    Le signe d’un État défaillant

    Ces délestages n’ont rien d’exclusif à la Tunisie, comme se sont empressés de le rappeler les partisans et laudateurs du régime. Ils citent les exemples de pays développés où l’électricité est régulièrement coupée à cause de la canicule. Cela est vrai, les pays développés connaissent eux aussi des pannes et peuvent exceptionnellement recourir au délestage. La différence est que ces interruptions y demeurent généralement localisées, annoncées, limitées dans le temps et traitées comme des défaillances exceptionnelles, non comme une fatalité estivale.

    Mais indépendamment de ce qui se passe ailleurs dans le monde, ce qui nous importe est la Tunisie et la réponse à une seule et unique question : ces délestages auraient-ils pu être évités ?

    La réponse est oui, car ce que l’on observe actuellement est le signe d’un pays sous-développé et d’un État défaillant qui a longtemps privilégié l’idéologie au détriment de l’efficacité économique.

    La bonne nouvelle est qu’il n’est pas trop tard pour agir. Certaines mesures peuvent être prises immédiatement et produire leurs premiers effets en quelques mois. D’autres exigent davantage de temps, mais permettraient d’éviter que la même crise se reproduise chaque été.

    Mettre fin au monopole de la Steg

    La première absurdité tunisienne est que la Steg concentre encore entre ses mains la quasi-totalité de la chaîne : elle produit, achète, transporte, distribue et commercialise l’électricité. Dans les marchés libéralisés, le réseau peut rester public et régulé tandis que la production et la fourniture sont ouvertes à la concurrence.

    Retirez à la Steg son monopole sur la production et la commercialisation, créez un régulateur véritablement indépendant et permettez enfin à plusieurs opérateurs d’investir : le système gagnera en capacité, en efficacité et en résilience.

    Cela a été prouvé maintes fois, y compris en Tunisie, notamment dans les télécoms. Presque chaque fois que le privé s’introduit dans un secteur, celui-ci va mieux.

    L’avantage est que cette solution attirerait des investissements privés que l’État, étranglé financièrement et contraint de multiplier les emprunts à des taux usuriers, n’est plus en mesure de réaliser lui-même. Elle lui procurerait également de nouvelles recettes grâce aux licences et, à moyen et long terme, au surcroît de recettes fiscales.

    L’inconvénient de cette solution est que le Tunisien risque de payer son électricité plus cher. Cela reste à prouver, car, dans plusieurs pays, l’entrée de la concurrence privée a réduit les prix de l’électricité.

    Mais, quand bien même cela serait vrai, il est temps que nous payions le prix réel de ce que nous consommons. Le fait de vouloir toujours tirer les prix vers le bas a conduit à ne plus investir dans la modernisation des équipements et dans le progrès. Ceci est valable dans plusieurs secteurs, du transport à l’agriculture en passant par l’industrie.

    Deuxième solution : la privatisation de la partie commerciale de la Steg. Jusqu’à quand l’État va-t-il gérer des sociétés déficitaires et inefficaces ? Une société bien gérée doit au minimum anticiper un pic prévisible de 30%, entretenir une réserve suffisante, communiquer avec précision et limiter les coupures autant que possible.

    L’avantage de cette solution est qu’elle générera également des milliards de dinars pour l’État grâce à la vente des licences, ce qui permettra d’investir dans le réseau. L’État conserverait la propriété du réseau, confié à un gestionnaire séparé et soumis à un régulateur indépendant. Plusieurs fournisseurs achèteraient ensuite l’électricité aux producteurs et la commercialiseraient auprès des consommateurs en acquittant un droit d’accès au réseau.

    L’inconvénient de cette solution est purement idéologique. Tous les régimes qui se sont succédé jusqu’ici ont refusé de céder ce qu’ils considèrent comme un bien national stratégique. On compare naïvement l’État à un individu et on estime que sa richesse se calcule d’après les biens qu’il possède, alors que la richesse d’un État se mesure à la croissance et à la richesse que son pays produit.

    Libérer les énergies renouvelables

    Troisième solution : l’ouverture aux énergies renouvelables. Le pays bénéficie du soleil plus de 300 jours par an ; il suffit de laisser les entreprises privées investir dans le solaire. Or, à ce niveau, tout bloque à cause d’une législation archaïque et d’une politique schizophrène de l’État.

    Sur le papier, la Tunisie autorise déjà l’autoproduction, la vente d’électricité renouvelable à la Steg et même, sous certaines conditions, l’exportation. Dans la pratique, toutefois, les procédures, les autorisations, les contraintes de raccordement et la place incontournable de la Steg ralentissent et découragent les investissements. Il y a même des partisans du régime qui critiquent cette micro-ouverture sous prétexte que notre soleil n’est pas à vendre (admirez l’absurdité de la phrase !), comme si permettre à des investisseurs d’exploiter l’énergie solaire revenait à leur vendre notre soleil.

    La législation exige que tout passe par le réseau de la Steg, ce qui est à l’exact opposé de la politique du même État, qui affirme encourager les énergies renouvelables.

    L’avantage de cette solution est qu’elle allégera la pression de la consommation électrique sur l’État ainsi que le poids des subventions à l’électricité, tout en lui procurant de nouvelles recettes fiscales grâce aux licences accordées aux fermes solaires. L’inconvénient est purement idéologique : on veut que l’État continue à tout contrôler dans le pays.

    La quatrième solution consiste à permettre aux particuliers et aux entreprises d’acheter des batteries de stockage pour emmagasiner l’électricité qu’ils produisent grâce à l’énergie solaire, et à alléger les droits de douane afin de rendre les panneaux solaires plus accessibles.

    L’avantage de cette solution est identique à celui de la précédente : alléger la pression sur le réseau. L’inconvénient est également idéologique, on veut toujours un État fort, mais il existe aussi une volonté protectionniste, car l’importation de panneaux solaires risque de nuire aux intérêts d’un certain cartel tunisien.

    Des solutions applicables dès maintenant

    Les quatre solutions ont toutes cet avantage : elles peuvent être immédiatement mises en œuvre. Rien que la libéralisation, l’importation et l’installation des systèmes de stockage permettraient aux ménages et aux entreprises équipés de panneaux solaires de moins solliciter le réseau pendant les heures de pointe dès cet été 2026.

    Certaines mesures réglementaires peuvent être prises immédiatement. Leurs premiers effets pourraient apparaître dans les mois à venir, tandis que les réformes plus lourdes permettraient de renforcer le réseau avant les prochains pics estivaux.

    Or, la politique suivie par le régime actuel ne diffère en rien de celle de ses prédécesseurs, lui qui appelle pourtant sans cesse à imaginer des solutions novatrices et à rompre avec le passé.

    Kaïs Saïed l’a dit et répété mille fois : la Tunisie n’est pas à vendre, nos entreprises ne sont pas à vendre. C’est cette idéologie éculée qui nous enchaîne tous et nous appauvrit davantage. Il suffit de nous libérer de ces chaînes et de nous inspirer, tout bêtement, des pays qui ont su moderniser leur secteur électrique, diversifier leurs producteurs et adapter leur réglementation aux nouvelles technologies depuis les années 1980-1990.

    Non seulement le chef de l’État reste prisonnier de son idéologie, et qu’il nous emprisonne avec, mais il aggrave encore le problème par sa mauvaise gestion. Cet État prétendument riche et fort n’a pas de ministre de l’Industrie depuis le mois d’avril.

    Si le régime est sincère dans sa volonté de résoudre le problème de l’électricité, qu’il commence d’abord et avant tout par nommer un ministre compétent, doté d’une vision et de l’autorité nécessaire pour l’appliquer. Comme l’écrivait Jean-Paul Sartre, « si je ne choisis pas, je choisis encore ». Ne pas nommer de ministre n’est donc pas une position neutre : c’est faire le choix de l’inaction et en assumer le coût, désormais bien supérieur à celui qu’aurait entraîné la nomination d’un ministre, fût-il imparfait. Et c’est là la cinquième solution.

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    11 commentaires

    1. jamel.tazarki

      Répondre
      22 juillet 2026 | 8h56

      Je termine mes commentaires par un appel à la mise en liberté de M. Ayachi Zammel et de Mme Siwar Bargaoui, emprisonnés injustement depuis des années. Aucune preuve convaincante de leur culpabilité n’a en effet été apportée. D’ailleurs, une juge tunisienne a libéré M. Zammel et Mme Bargaoui, mais d’autres juges l’ont contredite, ce qui a eu des conséquences fatales pour elle.

      La responsabilité incombe principalement à une loi électorale et à une Constitution très mal conçues, pleines d’erreurs de raisonnement / pensée! La loi électorale de Kais Saied est inutilisable dans sa version actuelle !

      Monsieur Kais Saied, ayez le courage de libérer ces deux innocents, victimes de l’imprécision de votre loi électorale et de votre Constitution ! Pourquoi ruiner la vie de deux innocents pour nous imposer l’imprécision de votre loi électorale ? Ouvrons plutôt un débat afin d’améliorer votre loi électorale et votre Constitution !

      Lire, dans ce contexte, mes commentaires sur :

      https://businessnews.com.tn/2026/03/27/abir-moussi-et-seif-eddine-makhlouf-le-cout-politique-du-chaos/1393831/

    2. jamel.tazarki

      Répondre
      21 juillet 2026 | 21h34

      Gestion des ressources et efficacité énergétique : regards croisés entre l’Argentine et l’Allemagne, deux exemples d’inspiration pour une Tunisie meilleure. Ce soir, j’introduirai la Tunisie dans cette comparaison afin d’en tirer des conclusions et des implications utiles pour notre pays. L’objectif de ce commentaire est de montrer l’importance de faire participer tout le peuple tunisien à la construction d’une Tunisie meilleure, ce que Kais Saied n’a pas su faire.

      @Mr. Bahloul, Je vous donne raison en ce que vous dites. Cependant, vous négligez un point essentiel pour que vos propositions soient couronnées de succès. Il s’agit de faire participer et de responsabiliser tous les Tunisiens, sans exception, afin de nous garantir au moins l’autosuffisance. C’est là que nos politiciens ont échoué après 2011. Je vous donne un exemple:
      –>
      Voici ce que disait le maire de la ville allemande de Jena, Thomas Nietzsche, lors de la pandémie de la Covid-19 : « Nous savons que nous ne pourrons jamais obtenir de masques du gouvernement pour les 110 000 habitants de Jena. La priorité a été accordée aux cliniques, aux cabinets médicaux, aux centres de physiothérapie et aux établissements de soins infirmiers. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé une campagne. Chers Jenaers, je vous invite à coudre vos propres masques. Vous trouverez les instructions sur YouTube. Nous fournissons suffisamment de matériel et vous montrons comment nettoyer les masques pour qu’ils puissent être réutilisés. »
      –>
      Vous voyez, Si Nizar, ce que je veux dire. En mars 2020, notre ancien gouvernement disait aux Tunisiens : « Restez chez vous, ne bougez pas le petit doigt, ne faites rien de productif et l’État tunisien vous fabriquera 32 millions de masques de protection », alors que les maires des villes allemandes incitent leurs concitoyens à fabriquer eux-mêmes des masques de protection artisanaux.
      –>
      Et qui a fabriqué les 32 millions de masques de protection pour la Tunisie ? Eh bien, c’était une usine appartenant à un député (sans entrer dans les détails).

      Je reviens au sujet de l’article:

      Partie 1 : Le défi énergétique et l’impact de la climatisation
      P1.1) Un déficit énergétique structurel
      – L’un des principaux problèmes socio-économiques de l’Argentine réside dans le déficit chronique de sa balance énergétique. La productivité énergétique du pays stagne alors que la consommation des ménages ne cesse de croître. Selon l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie en Argentine, la climatisation représente à elle seule plus de 70 % de la consommation énergétique des foyers durant l’été.
      – L’impact financier et technique est considérable : chaque degré de climatisation en moins équivaut à une hausse de 7 % de la facture électrique. À titre de comparaison, une heure de climatisation consomme autant d’électricité que 220 lampes LED, 14 réfrigérateurs ou 16 téléviseurs.
      P1.2) Campagnes officielles de rationnement et régulation –> Face aux risques d’effondrement du réseau (blackouts) lors des vagues de chaleur, les autorités déploient des mesures strictes :
      – Campagne « Poné le aire en 24° » : Une incitation nationale massive pousse les usagers à réguler leurs appareils à 23 °C ou 24 °C minimum.
      – Le prix du KW est fonction de la consommation : Les grilles tarifaires intègrent des mécanismes de régulation du prix du kWh en fonction de la consommation d’électricité.
      – Mesures d’urgence : Les distributeurs procèdent à des coupures tournantes programmées (cortes programados) par quartier pour soulager les transformateurs, tandis que le secteur public est régulièrement basculé en télétravail l’après-midi pour économiser la puissance du réseau.

      Dr. Jamel Tazarki Mathématicien

    3. jamel.tazarki

      Répondre
      21 juillet 2026 | 21h31

      Partie 2: L’architecture passive comme solution de secours
      P2.1) Pour limiter la consommation d’énergie, les particuliers adoptent des gestes simples : protéger l’unité extérieure du climatiseur du soleil direct (ce qui réduit sa consommation de 10 %), ne climatiser qu’une seule petite pièce de vie, ou encourager la climatisation solaire thermique. Cependant, la solution à long terme réside dans l’architecture passive, notamment l’exploitation de l’inertie thermique du sol via la construction d’une demi-cave.
      P2.2) Les caves restent naturellement plus fraîches en été et plus douces en hiver que l’air extérieur. Toutefois, l’efficacité de cette méthode repose sur une orientation rigoureuse selon l’hémisphère :
      p2.2.1) En Bavière (Allemagne) : Le soleil culmine au sud. La température extérieure peut dépasser les 35 °C en été. Construire une demi-cave sur le côté nord permet de disposer d’un espace naturellement frais pour le télétravail ou le repos sans climatisation.
      p2.2.2) En Argentine : Le soleil culmine au nord. Pour obtenir exactement le même effet de fraîcheur passive, la demi-cave ou les pièces de vie estivales doivent être construites sur le côté sud de la maison, le côté nord étant écrasé par la chaleur.

      Partie 3 : Le fossé des normes d’isolation thermique –> L’adoption tardive de ces solutions passives en Argentine s’explique par un écart réglementaire majeur avec l’Allemagne concernant l’isolation des bâtiments.
      P3.1) Réglementation :
      – Allemagne: Loi stricte (Gebäudeenergiegesetz): contrôles rigoureux, standards de maisons passives.
      – Argentine: Lois locales existantes (ex: loi 13.059 à Buenos Aires) mais contrôles rares par manque de budget.
      P3.2) Structure des murs:
      – Allemagne: Isolation par l’extérieur (WDVS) avec 12 à 20 cm d’isolant (laine de roche/polystyrène) sur béton ou brique lourde.
      – Argentine: Structure béton remplie de briques creuses traditionnelles (ladrillos huecos) à très faible inertie thermique.
      P3.3) Fenêtres
      Allemagne: Triple vitrage standard obligatoire avec châssis PVC ou bois totalement étanches.
      Argentine: Simple vitrage (vidrio simple) majoritaire sur châssis aluminium, créant d’immenses ponts thermiques.

      Partie 4 : Perspective historique : Le sous-sol comme refuge climatique public
      – Cette recherche de la fraîcheur souterraine n’est pas une invention moderne liée au changement climatique ; elle relève d’un réflexe populaire ancien.
      – Avant l’ouverture de la Tchécoslovaquie aux pays de l’Ouest (période communiste d’avant 1989), la climatisation résidentielle était inexistante et les grands ensembles en béton (paneláky) devenaient de véritables étuves en été. À Prague, de nombreux retraités descendaient alors dans les stations de métro pour profiter de la fraîcheur des profondeurs, calquée sur le principe des caves familiales.
      – Le réseau souterrain (notamment la ligne A, creusée à plus de 40 mètres de profondeur) y maintenait une température stable et clémente. À l’époque, cette descente dans les stations de métro de Prague offrait un accès illimité à un véritable « refuge climatique » pour seulement une couronne, illustrant de manière pionnière l’utilisation collective et économique de la géothermie passive.

      Fazit: L’Allemagne construit ses logements comme des structures étanches conçues pour conserver leur température interne. À l’inverse, l’habitat traditionnel argentin souffre d’un manque criant d’isolation. Cette vulnérabilité thermique force les climatiseurs à tourner à plein régime et aggrave la crise énergétique nationale, rendant indispensables les solutions alternatives comme l’orientation intelligente des pièces ou la récupération des ressources.
      –>
      Demain, j’introduirai la Tunisie dans cette comparaison afin de tirer des conclusions / implications utiles et intelligente pour notre pays. L’essence de ce commentaire est de montrer l’importance de faire participer tout notre peuple à la construction d’une Tunisie meilleure ce que Kais Saied n’a pas su réaliser!

      Bonne soirée

      Dr. Jamel Tazarki Mathématicien

    4. jamel.tazarki

      Répondre
      21 juillet 2026 | 21h29

      PS : La gestion de l’eau et le défi des infrastructures

      a) Pourquoi les coupures d’eau sont-elles nocturnes ?
      Les coupures d’eau fréquentes en Argentine surviennent principalement la nuit pour une raison technique et stratégique. Durant la nuit, la consommation globale baisse drastiquement, ce qui provoque une hausse brutale de la pression dans le réseau public. Face à des canalisations vieillissantes et fissurées, cette surpression aggrave massivement les fuites d’eau potable. Pour limiter ces pertes, les fournisseurs d’eau programment des coupures ou des baisses de pression nocturnes, minimisant ainsi l’impact direct sur les activités diurnes des habitants.
      b) Les solutions locales : Autonomie et stockage
      b1) Pour ne pas souffrir de ces interruptions constantes, les Argentins ont généralisé l’installation de citernes sur les toits de leurs maisons (tanques de agua). Ces réservoirs se remplissent automatiquement en journée lorsque l’eau est disponible grâce à la pression du réseau ou à des pompes électriques. Pendant la coupure nocturne, l’habitation reste alimentée par gravité.
      b2) De plus, une véritable culture de l’économie circulaire domestique s’est installée : les eaux pluviales et les eaux grises (issues de la douche ou des petites piscines de jardin appelées pelopinchos) sont récupérées pour alimenter les chasses d’eau des toilettes ou laver les sols. En Argentine, les magasins de bricolage proposent des kits prêts à l’emploi, et les grandes entreprises ainsi que les institutions se sont également équipées.
      c) Comparaison culturelle avec l’Allemagne –> Cette pratique de récupération diffère de celle observée en Europe :
      – En Allemagne : La récupération de l’eau de pluie via des tonneaux d’un mètre cube (Regentonnen) placés sous les gouttières est une démarche volontaire, écologique et économique, ancrée depuis des décennies dans les petits jardins pour éviter d’utiliser de l’eau potable pour l’arrosage.
      – En Argentine : Le stockage et la récupération répondent d’abord à une logique de survie face à une défaillance des infrastructures publiques.

      Partie 6 : Exemples d’autres pays d’Amérique latine qui partagent cette même problématique que la Tunisie.
      –>
      La gestion de l’eau par stockage et coupures programmées est une réalité quotidienne dans une grande partie de l’Amérique latine, principalement en raison de réseaux vétustes, de la croissance urbaine rapide et du changement climatique. Voici les exemples les plus marquants de pays partageant exactement cette problématique comme la Tunisie:

      1) Venezuela (Le cas le plus critique)
      – Rationnement extrême : Les coupures ne sont pas seulement nocturnes, elles durent souvent plusieurs jours ou semaines.
      – Solutions locales : Les habitants de Caracas dépendent entièrement de gigantesques citernes bleues installées dans les appartements ou sur les toits. Les immeubles possèdent d’immenses réservoirs souterrains (tanques subterráneos) alimentés par des camions-citernes privés (cisternas) à des prix très élevés.

      2) Mexique (Principalement Mexico et le Nord)
      – Système de « Tandeo » : Le gouvernement coupe ou réduit fortement la pression de l’eau selon des calendriers précis (souvent la nuit ou certains jours de la semaine) pour préserver les nappes phréatiques surexploitées.
      – Le « Tinaco » : Tout comme en Argentine, la citerne sur le toit (généralement de la marque emblématique Rotoplas) est un élément obligatoire de l’architecture mexicaine. Sans elle, la vie quotidienne est impossible.

      3) Brésil (Grandes métropoles comme São Paulo)
      – Réduction de pression nocturne : La compagnie des eaux de São Paulo (Sabesp) réduit systématiquement la pression du réseau chaque nuit pour limiter les pertes dues aux fuites dans ses milliers de kilomètres de tuyaux anciens.
      – La « Caixa d’água » : Les maisons brésiliennes sont toutes équipées de ces réservoirs surélevés pour amortir la baisse de débit nocturne.

      4) Pérou (Lima, la deuxième ville désertique du monde)
      – Pénurie structurelle : Lima est bâtie dans un désert et dépend de rivières alimentées par les glaciers des Andes, qui fondent rapidement.
      – Coupures sectorisées : L’entreprise publique Sedapal coupe fréquemment l’eau la nuit. Dans les quartiers informels non raccordés (les asentamientos humanos), l’eau n’est jamais disponible au robinet : les habitants achètent de l’eau à des camions et la stockent dans des barils en plastique ou des citernes artisanales.

      5) Colombie (Bogota et zones de sécheresse)
      – Rationnement climatique : En raison du phénomène climatique El Niño, des villes comme Bogota ont dû mettre en place des cycles stricts de coupures d’eau par quartier pendant plusieurs mois pour préserver les réservoirs en baisse critique. Le stockage à domicile y est devenu une nécessité absolue pour les foyers non équipés à l’origine.

      Résumé des points communs avec la Tunisie :
      1. L’omniprésence du réservoir sur le toit : Qu’il s’appelle tanque (Argentine), tinaco (Mexique) ou caixa d’água (Brésil), l’objet est le même.
      2. La nuit comme levier de gestion : Baisser la pression la nuit est la solution universelle des ingénieurs d’Amérique latine pour masquer le manque d’investissements dans la réparation des fuites souterraines.

    5. le financier

      Répondre
      20 juillet 2026 | 22h41

      Si le probleme est ideologique il suffit de couper la tete de l ideologue et de ses 5 partisans qui fuiront vers la france quand le peuple sera dans la rue .
      Pour info ces solutions avaient étaient proposè aux presidents et ces amis il y a 7 ans , la reponse fut qu il n y a pas besoin d investissement car tout va bien en hiver .
      Et je ne parle pas des rigolo sur ce forum qui veulent des voitures électriques et de l IA.
      La lacheté de ce peuple va t elle atteindre ses limites?

    6. Hannibal

      Répondre
      20 juillet 2026 | 22h01

      Une idéologie est par définition contraire au progrès.
      Si en plus on est borné, alors c’est le mur direct!

    7. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      20 juillet 2026 | 18h38

      Je ne vois aucune fierté de se vanter d’être propriétaires d’entreprise en faillite total
      Aucune logique à sa
      Mais que peut on dire ! Conséquence de sous développement
      Mais le pire s’est de se vanter de compétences tun ou sont elles ,la réalité prouve le contraire hdlas

    8. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      20 juillet 2026 | 18h26

      Mr Bahloul
      Habituellement vous êtes impartial et vos analyses sont pragmatiques mais cette fois j’ai l’impression que non peut être la canicule est la cause possible
      En étalant les dégâts collatéraux subit par les citoyens vous avez omis de signaler la catastrophe d’un black out qui peut durer 1 ou plusieurs jours fieu seul le sait mais les dégâts seront de loin subit par les délestages

    9. HatemC

      Répondre
      20 juillet 2026 | 18h11

      C’est peut etre hors sujet de plus en plus de data centers alimentent des quartiers en chaleur (chauffage et eau chaude sanitaire).
      C’est ce que l’on appelle la valorisation de la chaleur fatale
      Le principe :
      Recycler la chaleur des serveurs
      Les milliers de serveurs informatiques des data centers tournent en permanence et dégagent énormément de chaleur. Pour éviter la surchauffe, ils doivent être refroidis.
      Au lieu de rejeter cette chaleur dans l’atmosphère (ce qui serait un immense gaspillage), des systèmes d’échangeurs thermiques et de pompes à chaleur captent ces calories pour chauffer de l’eau.

      Cette eau chaude est ensuite injectée dans les réseaux de chaleur urbains pour alimenter les écoquartiers environnants :

      À Bailly-Romainvilliers (Seine-et-Marne) :
      Le data center de l’entreprise Equinix est raccordé au réseau de chaleur local.
      Il permet de chauffer le centre aquatique et les bâtiments de la zone d’entreprises à proximité.

      À Plaine Commune / Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) : Plusieurs projets visent à connecter les data centers très denses de cette zone pour alimenter en chauffage les logements sociaux, les bureaux et même les infrastructures collectives.

      Piscines et serres :
      Ailleurs en France, la chaleur de certains centres de données est directement déroutée pour maintenir à température des piscines municipales ou des serres agricoles….

      Un data center ne produit pas de courant pour le quartier (il en consomme énormément), mais en revanche il agit comme une immense chaudière numérique, capable de chauffer des milliers de logements voisins de manière décarbonée, c’est du donnant / donnant.

      C’est le principe même de l’écologie industrielle et de l’économie circulaire : le déchet des uns (la chaleur dont le data center doit absolument se débarrasser pour ne pas griller) devient la ressource des autres (les habitants qui ont besoin de se chauffer).

      En se connectant à un réseau de chaleur urbain, le data center réduit l’énergie qu’il aurait dû dépenser dans d’immenses climatiseurs ou tours de refroidissement pour rejeter cette chaleur dans le vide.

      Les data centers ont souvent mauvaise réputation auprès des riverains à cause de leur consommation électrique gargantuesque. En devenant la « chaudière du quartier », ils prouvent leur utilité publique locale.

      C’est une logique très proche de celle que j’évoque pour les hôtels en Tunisie, mais inversée :

      En Tunisie (Solaire) : L’hôtel consomme du soleil (terrasses) pour produire de l’électricité et redistribuer le surplus de courant au quartier.

      En France (Data Center) : Le data center consomme de l’électricité pour produire du calcul informatique, et redistribue le surplus de chaleur au quartier.

      Dans les deux cas, la clé réside dans la décentralisation et le partage des ressources énergétiques au niveau local pour soulager les réseaux nationaux.

    10. Vladimir Guez

      Répondre
      20 juillet 2026 | 17h57

      L’idéologie, la moraline et les croyances religieuses. Les trois carcans qui produisent de l’interdit et de l’impensé et qui font de la Tunisie un pays avorté.

      Le FMI a fait exploser la part de sa production solaire au Pakistan avec une simple décision.
      En conditionnant son aide a l’arrêt de la subvention a l’électricité.

      Il est quand même plus honorable de le faire soi même plutôt que de pousser la bêtise jusqu’à se le faire imposer .

    11. HatemC

      Répondre
      20 juillet 2026 | 17h55

      L’Urgence de la Révolution Solaire Décentralisée en Tunisie

      Pour surmonter la crise énergétique actuelle, la Tunisie doit abandonner le modèle centralisé obsolète de la STEG au profit d’une autoconsommation décentralisée, transformant le pays en un réseau de micro-centrales.

      1. Des terrasses transformées en micro-centrales
      – Particuliers et industries :
      L’architecture tunisienne offre des millions de m2 de toitures plates prêtes à accueillir des panneaux solaires, soulageant instantanément le réseau lors des pics de climatisation estivaux.

      – Le rôle pivot des hôtels :
      Disposant de terrasses géantes, les hôtels passent du statut de grands consommateurs à celui de producteurs massifs. Ils couvrent leurs besoins, revendent leur surplus à la STEG et peuvent alimenter les quartiers voisins.

      2. Cap sur l’indépendance et la souveraineté
      En remplaçant la production thermique fossile par le photovoltaïque local, la Tunisie réalise un double exploit :
      – S’affranchir de la dépendance étouffante vis-à-vis du gaz algérien.
      – Assainir durablement sa balance commerciale et ses finances publiques.

      3. Les clés d’un modèle hybride d’ici 2030
      – Moderniser la STEG :
      Elle quitte son rôle de producteur hégémonique pour devenir gestionnaire d’un réseau intelligent (Smart Grid) bidirectionnel.
      – Libéraliser :
      Suppression immédiate des taxes douanières sur les panneaux/batteries et simplification radicale des raccordements.
      – Réguler :
      Déploiement d’un Régulateur indépendant (ANRE) pour garantir des contrats d’achat équitables avec les nouveaux producteurs privés.

      En résumé : L’exploitation solaire des toitures-terrasses tunisiennes est l’unique solution pragmatique pour éviter les délestages chroniques et conquérir une véritable souveraineté énergétique.
      Pour transformer la Tunisie en un réseau de micro-centrales solaires sur les terrasses, il faut impérativement réformer le cadre législatif.

      La fin du monopole de la STEG ne signifie pas sa disparition, mais sa mutation par la loi.
      La loi doit redéfinir la STEG comme le gardien neutre des autoroutes de l’électricité (le transport), tout en ouvrant complètement les barrières de la production et de la distribution locale aux acteurs privés.
      Sans cette réécriture des règles du jeu, le gisement des terrasses tunisiennes restera inexploité.

      LIBERONS LES ENERGIES BONTE DIVINE dirait surement un tartour

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