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Électricité, eau, incendies : la FTAPME appelle Kaïs Saïed à revoir son équipe gouvernementale

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Par Imen Nouira

    La Fédération tunisienne des artisans et petites et moyennes entreprises (FTAPME) interpelle directement le président de la République face à l’accumulation des crises qui affectent le quotidien des Tunisiens. Tout en réaffirmant sa confiance en Kaïs Saïed, l’organisation dresse un constat particulièrement sévère de la situation et l’appelle à revoir en profondeur l’action gouvernementale.

    Dans un communiqué publié mercredi 22 juillet 2026 sous la forme d’un appel au président de la République, la FTAPME donne immédiatement le ton. Usant d’une expression imagée pour décrire la gravité de la situation, elle estime, en substance, que le pays n’a pas seulement dépassé le seuil critique, mais qu’il se trouve désormais « submergé » par les difficultés.

    L’organisation rappelle avoir placé sa confiance en Kaïs Saïed depuis le 25-Juillet, affirmant avoir alors perdu confiance dans les autres acteurs. Elle dit avoir cru à un projet visant à sauver l’État, combattre la corruption, instaurer la justice et construire une nouvelle Tunisie. Une confiance qu’elle assure maintenir, disant continuer à croire en la sincérité des intentions du chef de l’État et en son intégrité.

    La fédération affirme cependant s’adresser aujourd’hui au président avec « douleur » et « peur pour le pays », estimant nécessaire de lui faire parvenir directement la réalité vécue par les citoyens.

    Des crises qui pèsent sur les citoyens et les entreprises

    Après la pandémie de Covid-19, qui a durement éprouvé l’économie et la société, la fédération estime que les Tunisiens se retrouvent aujourd’hui confrontés à ce qu’elle compare à une « nouvelle pandémie » : celle des coupures répétées d’électricité et des pertes qu’elles occasionnent aux citoyens et aux entreprises.

    Ces derniers jours, les délestages ont effectivement pesé sur de nombreuses activités économiques. Des professionnels ont fait état de pertes de marchandises, d’interruptions d’activité et de dommages affectant leurs équipements. Le président de la Chambre nationale des restaurants, Islam Chaâbane, a notamment alerté sur les conséquences des coupures pour les denrées nécessitant le maintien de la chaîne du froid et sur les difficultés rencontrées par des établissements contraints d’absorber seuls ces pertes.

    La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a, de son côté, mis en garde contre les répercussions des interruptions sur la production, la productivité, la compétitivité des entreprises et le climat d’investissement.

    À la crise électrique, la FTAPME associe celle de l’eau. Les deux sont d’ailleurs devenues étroitement liées ces derniers jours : selon la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), ses stations de pompage ont enregistré entre 700 et mille interruptions quotidiennes de l’alimentation électrique les 14 et 15 juillet. L’arrêt des équipements perturbe le remplissage des réservoirs et l’alimentation du réseau, avec des conséquences pouvant se prolonger plusieurs heures après le rétablissement du courant.

    La fédération évoque également la multiplication des incendies et réclame que toute la vérité soit portée à la connaissance de l’opinion publique. Elle demande que les responsabilités soient déterminées en toute transparence afin que les citoyens puissent, selon elle, avoir la certitude que l’État les protège et demande des comptes à toute personne dont les manquements ou l’implication seraient établis.

    Une réalité qui, selon la fédération, ne parvient pas jusqu’à Carthage

    La FTAPME revient ensuite sur une affirmation du président de la République selon laquelle l’État ne se gouverne pas à travers les réseaux sociaux. Elle dit partager ce principe, mais affirme n’avoir trouvé aucune autre voie pour lui faire parvenir son message.

    La fédération formule alors l’un des reproches les plus directs de son communiqué. Elle estime que ceux qui sont censés transmettre au chef de l’État la réalité vécue par la population ne l’ont pas fait. Les voix des citoyens seraient ainsi restées loin de lui, tandis que l’image qui lui parvient ne refléterait pas, selon elle, ce que vivent quotidiennement les Tunisiens.

    Tout en assurant vouloir rester aux côtés du président de la République, la FTAPME considère que soutenir le pays implique précisément de dire la vérité à ses dirigeants.

    Pour l’organisation, cette vérité implique désormais de demander des comptes. Elle considère que le moment est venu de sanctionner ceux qui ont failli à leurs obligations, ceux qui se sont révélés incapables d’assumer leurs responsabilités et ceux dont le maintien en fonction contribuerait à approfondir les difficultés rencontrées par les citoyens.

    Une nouvelle équipe gouvernementale réclamée

    C’est sur la base de ce constat que la FTAPME adresse sa principale demande à Kaïs Saïed : procéder à une « révision globale de la performance gouvernementale ».

    Elle appelle le président à démettre toute personne dont l’échec ou les manquements seraient établis et à constituer une nouvelle équipe gouvernementale reposant sur « la compétence, l’intégrité et l’esprit de responsabilité », loin des « calculs étroits ».

    Cette demande intervient alors que la crise électrique a notamment remis au premier plan la question du pilotage du secteur énergétique. Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie demeure géré par intérim depuis le départ de Fatma Thabet Chiboub en avril 2026, alors que les délestages se sont multipliés et que leurs répercussions se font sentir sur plusieurs secteurs de l’économie.

    La FTAPME appelle parallèlement à ouvrir davantage les responsabilités aux jeunes compétences nationales. Elle estime que celles-ci disposent de l’énergie, de la volonté et des idées nouvelles susceptibles de redonner de l’espoir et d’insuffler un nouveau souffle aux institutions de l’État. La Tunisie, souligne-t-elle, ne manque pas de femmes et d’hommes compétents, mais doit leur donner la possibilité de mettre leurs compétences au service du pays.

    L’organisation appelle enfin Kaïs Saïed à écouter les Tunisiens, citant notamment les artisans, les dirigeants de petites et moyennes entreprises, les jeunes, les agriculteurs et les travailleurs. Elle l’exhorte à ne pas laisser la confiance accordée se transformer en déception, ni les sacrifices consentis par les Tunisiens être perdus en raison des manquements de responsables qu’elle estime indignes d’assumer leurs fonctions.

    Tout en réaffirmant avec insistance son soutien et sa confiance envers Kaïs Saïed, la FTAPME adresse ainsi une critique particulièrement sévère à l’action gouvernementale et à ceux chargés de faire remonter les préoccupations de la population jusqu’au sommet de l’État. Son appel ne se limite désormais plus au constat des difficultés : la fédération réclame explicitement un changement au sein de l’équipe gouvernementale.

    I.N.

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    3 commentaires

    1. Mohamed Mabrouk

      Répondre
      23 juillet 2026 | 6h26

      Supplique à la republique des juges:
      – svp, avec toute la reverence voulue, comment couper le courant, donc les machines de production, et nous interdire l’emploi saisonnier? D’ou on va payer les salaires des ouvriers inactifs?
      – svp comment emprisonner qqun 14 ans, en l’occurence Marouane, sous l’accusation taillée sur mesure, qu’il a reclamé le degel de son argent? Vous nous avez ecrit dans vos constitutions, que vous nous changez comme vous changez de chemise, que tout citoyen a le droit de se defendre par la voie judiciaire. Pourquoi, une fois au pouvoir, vous transgressez vos propres textes et vous agissez selon vos gouts?
      Veuillez accepter ma demande respectueuse de pitié. Soyez humains. Les jours tournent. Il se peut que un jour vous aurez besoin vous aussi de la pitié

    2. HatemC

      Répondre
      22 juillet 2026 | 18h46

      Une posture de soumission dictée par la peur

      Cette rhétorique du « Oui mais nous vous soutenons toujours » montre à quel point les corps intermédiaires (patronats, fédérations, syndicats) sont aujourd’hui tétanisés.

      La FTAPME tente un grand écart impossible :

      – Satisfaire la colère légitime des PME et restaurateurs qui jettent leurs stocks et font faillite à cause des délestages.
      – Ne pas subir les foudres du pouvoir de Carthage en jurant fidélité au chef.

      Le résultat de ce compromis bancal est un texte stérile.
      En affirmant que la faute incombe uniquement à de « mauvais responsables », la fédération valide elle-même le système qui étouffe ses propres adhérents.

      Cet article révèle l’impasse absolue de la gouvernance actuelle. En refusant de désigner le véritable responsable des choix stratégiques et idéologiques du pays, la FTAPME prouve qu’elle est hors du temps.

      Demander une nouvelle équipe gouvernementale « compétente » au sein d’un système qui rejette par dogme l’initiative privée et la modernisation de l’économie, c’est comme demander de changer les matelots sur un navire qui fonce vers l’écueil tout en interdisant au capitaine de tourner le barreur.

      Tant que la critique n’osera pas s’attaquer à la racine du problème — l’idéologie du tout-État centralisé —, les appels de ce genre resteront des coups d’épée dans l’eau.

      Le drame de cette situation, c’est que la Tunisie ne manque ni de soleil, ni de compétences, ni d’entrepreneurs prêts à investir pour sortir le pays du noir.

      Le drame, c’est cette cécité idéologique qui préfère voir les entreprises faire faillite, les hôpitaux suffoquer et les citoyens jeter leur nourriture plutôt que de toucher au dogme du « tout-État » et du monopole public.

      Quand des représentants économiques en sont réduits à supplier le pouvoir tout en s’aveuglant sur l’origine du problème, le mur n’est plus très loin :

      En considérant le secteur privé, les investisseurs et l’initiative individuelle comme des menaces ou des « spéculateurs » plutôt que comme des partenaires pour la transition énergétique, l’État s’isole et s’asphyxie.

    3. HatemC

      Répondre
      22 juillet 2026 | 18h39

      Cet article met en lumière ce que l’on pourrait qualifier de « tragédie de la schizophrénie politique » en Tunisie.
      L’intervention de la FTAPME illustre de façon CARICATURELLE le piège dans lequel s’est enfermée une grande partie de la société civile et économique tunisienne.

      Faut-il rappeler à ces ronds de cuirs ces inutiles que dans le régime politique instauré par la Constitution de 2022, le gouvernement n’est plus un organe autonome doté d’une politique propre.
      Les ministres ne sont que de simples exécutants de la volonté présidentielle.
      Le Chef de l’État concentre l’intégralité du pouvoir exécutif.

      L’argument de la FTAPME consistant à dire que « la réalité vécue par la population ne parvient pas jusqu’à Carthage » réactive le plus vieux réflexe absolutiste : dédouaner le souverain en accusant ses courtisans.
      En s’adressant au Président sur un ton larmoyant (« avec douleur et peur pour le pays »), la FTAPME se comporte en organisation de « ronds-de-cuir » inefficaces.

      Plutôt que d’agir en véritable contre-pouvoir économique capable d’imposer un rapport de force ou de proposer un plan de rupture technique (libéralisation des batteries, autoproduction solaire, contrats PPA), elle s’enferme dans le rôle de la supplique de cour. Elle demande un simple « remaniement » — un jeu de chaises musicales qui n’a historiquement jamais rien réglé — comme si changer les visages allait soudainement injecter des mégawatts dans un réseau STEG obsolète et en faillite.

      Dire que le chef de l’État « ne sait pas » qu’il y a des coupures d’eau et d’électricité à 45°C au milieu du mois de juillet 2026 relève de l’absurde…. DES CLOWNS qui prennent les tunisiens pour des imbéciles …..

      DES INUTILES

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