Après une ouverture marquée par un deuxième coupe-circuit en deux jours et une nouvelle poussée baissière à la reprise, la Bourse de Tunis a opéré un retournement spectaculaire mercredi 29 juillet 2026. Le Tunindex a finalement clôturé en hausse de 1,31 %, à 19.999,20 points. Les valeurs bancaires, à l’origine de la panique des dernières séances, ont conduit le rebond. Attijari Bank illustre à elle seule cette séance hors norme : en baisse de 6 % dans la matinée, elle termine à +2,88 %.
La séance du mercredi 29 juillet avait pourtant commencé sous les plus mauvais auspices. Dès les premières minutes de cotation, le Tunindex a perdu plus de 3 %, conduisant la Bourse de Tunis à déclencher son mécanisme d’interruption pour la deuxième journée consécutive.
À 9h16, l’indice avait reculé de 3,16 %, à 19.115,70 points. Le Tunindex 20, qui regroupe les principales capitalisations de la place, perdait 3,61 %. Plus de 5,26 millions de dinars avaient déjà été échangés en une quinzaine de minutes de cotation effective.
Les échanges ont été suspendus pendant une heure, conformément à l’article 3.7 du Règlement de parquet, avant de reprendre à 10h16.
La baisse se poursuit après la reprise
Le temps de réflexion accordé par le coupe-circuit n’a pas immédiatement calmé le marché. Peu après la reprise, la baisse du Tunindex a approché les 4 %, laissant envisager la poursuite du mouvement vendeur et un possible rapprochement du second seuil réglementaire.
Le règlement prévoit en effet l’arrêt de la séance pour le reste de la journée lorsque la baisse de l’indice atteint 5 %.
Ce scénario ne s’est finalement pas produit. Après avoir atteint son point bas, le marché a progressivement changé de direction. Les acheteurs sont revenus et la courbe du Tunindex a entamé une remontée continue durant la seconde partie de la séance.
L’indice a d’abord effacé ses pertes, avant de franchir son niveau de clôture de mardi et de terminer à 19.999,20 points, en hausse de 1,31 %.
Le Tunindex 20 a suivi le même mouvement et clôturé à 8.815,72 points, en progression de 1,51 %.
Près de 26 millions de dinars échangés
Le rebond s’est accompagné d’un volume particulièrement important. Les échanges ont totalisé 25,93 millions de dinars, très au-dessus des 9,6 millions enregistrés durant toute la séance de lundi.
Ce niveau d’activité montre que le retournement ne résulte pas de quelques transactions isolées. Après les ventes massives de la matinée, des acheteurs sont revenus en nombre sur des valeurs dont les cours avaient fortement chuté durant les séances précédentes.
À la clôture, 28 valeurs évoluaient en hausse, contre vingt en baisse et 29 inchangées, selon l’affichage de l’intermédiaire en bourse Maxula.

Attijari Bank, de –6 % à +2,88 %
Le retournement le plus spectaculaire est celui d’Attijari Bank. La valeur avait atteint une baisse de 6 % dans la matinée, prolongeant la chute enregistrée mardi. Une heure plus tard, la tendance s’était totalement inversée.
Attijari Bank a finalement clôturé à 88 dinars, en hausse de 2,88 %, dans un volume de 1,64 million de dinars. Entre son point bas et sa clôture, le titre a ainsi connu un retournement de près de neuf points de pourcentage.
Les autres principales valeurs bancaires ont également participé au rebond. La STB a terminé en hausse de 4,06 %, la BIAT de 3,69 %, Amen Bank de 2,97 % et la BNA de 2 %.
Amen Bank a concentré le plus important volume de la séance, avec 5,45 millions de dinars échangés, devant la BNA, avec 4,44 millions.
Les banques, qui avaient entraîné le marché vers le bas après la publication du décret relatif aux crédits d’honneur, ont donc joué mercredi un rôle déterminant dans sa remontée.
Le coupe-circuit a joué son rôle
Mardi, le Tunindex avait perdu 3,47 %, provoquant une première interruption de la cotation. La suspension étant intervenue en fin de séance, les échanges n’avaient repris que mercredi matin.
Le nouveau décrochage enregistré à l’ouverture avait montré que la nuit de réflexion n’avait pas suffi à faire disparaître les craintes. Le second coupe-circuit semble, en revanche, avoir permis au marché de retrouver un équilibre entre acheteurs et vendeurs.
La clôture dans le vert ne fait pas disparaître les pertes des dernières séances. Elle ne répond pas non plus aux interrogations provoquées par le décret obligeant les banques à consacrer au moins 8 % de leurs bénéfices à des crédits d’honneur sans intérêts ni garanties.
Elle montre cependant que la panique observée à l’ouverture ne s’est pas transformée en effondrement. Une partie des investisseurs a considéré que la baisse était devenue excessive et que les cours atteints offraient des possibilités de retour à l’achat.
La crise de confiance redoutée dans la matinée a, au moins pour cette séance, laissé place à un spectaculaire rebond. La volatilité, elle, demeure.
N.B.














