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Face aux alertes, le Comité des prisons dément toute dégradation générale de la prise en charge médicale des détenus

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Par Raouf Ben Hédi

    Le Comité général des prisons et de la rééducation a démenti, samedi 22 août 2026, les informations faisant état d’une dégradation générale de l’état de santé de plusieurs détenus ou d’un manque de prise en charge médicale au sein des établissements pénitentiaires.

    Dans une déclaration à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), le porte-parole officiel du Comité général des prisons et de la rééducation, Hatem Akrout, a assuré que les situations sanitaires évoquées récemment faisaient l’objet d’un suivi conformément aux procédures médicales en vigueur.

    Cette mise au point intervient alors que plusieurs alertes concernant l’état de santé de détenus, notamment de personnalités politiques et d’activistes, ont été relayées ces derniers mois par leurs familles, leurs avocats ou leurs formations politiques.

    Plusieurs alertes récentes sur l’état de santé de détenus

    Vendredi 21 août, l’Ordre national des avocats de Tunisie (Onat) avait exprimé sa « profonde préoccupation » concernant la situation de l’ancien bâtonnier Chawki Tabib, détenu à la prison de Belli. L’Ordre avait notamment indiqué que celui-ci observait une grève de la faim depuis une dizaine de jours et avait cessé de prendre ses médicaments. Il avait également fait état de difficultés concernant l’accès à certains traitements prescrits et demandé la levée des restrictions entravant sa prise en charge médicale.

    La veille, le mouvement Ennahdha avait, de son côté, alerté sur une nouvelle dégradation de l’état de santé de son vice-président Mondher Ounissi, détenu dans l’affaire Jilani Dabboussi. Le parti avait notamment affirmé que celui-ci aurait totalement perdu l’usage de la parole depuis le 11 juillet et réclamé une prise en charge médicale intensive. Ennahdha avait déjà fait part, ces derniers mois, d’inquiétudes concernant son état de santé.

    Ces deux signalements, émanant respectivement de l’Ordre national des avocats et d’Ennahdha, ont été formulés quelques jours seulement avant la déclaration du Comité général des prisons et de la rééducation.

    Le Comité général met en avant le suivi médical

    Dans sa déclaration à la TAP, Hatem Akrout a rejeté les descriptions présentant les établissements pénitentiaires comme marqués par une dégradation générale de la situation sanitaire ou par l’absence de soins.

    Le responsable a estimé que certaines présentations étaient susceptibles, selon ses termes, de « tromper l’opinion publique » et de donner une image différente de la réalité. Il a également appelé à ne pas transformer les situations médicales, qui relèvent de l’évaluation de professionnels de santé, en sujets de rumeurs ou d’exploitation.

    Le porte-parole a rappelé que l’État garantit aux détenus le droit aux soins et à la prise en charge médicale, au même titre que les autres personnes incarcérées.

    Selon lui, les soins dispensés dans les établissements pénitentiaires reposent sur un dispositif comprenant les consultations médicales, le suivi des patients, les traitements, les examens nécessaires ainsi que, lorsque l’état de santé le requiert, l’orientation vers les établissements publics de santé spécialisés.

    Le Comité général souligne également que les décisions médicales ne sont pas prises en fonction de considérations administratives ou pénales, mais sur la base du diagnostic établi par le personnel médical compétent.

    Plus de 20.000 consultations dans les hôpitaux publics

    Pour étayer son propos, le Comité général des prisons et de la rééducation avance les chiffres des consultations réalisées au profit des détenus et détenues dans les établissements publics de santé.

    À fin juin 2026, quelque 19.537 consultations médicales de jour avaient ainsi été effectuées dans les hôpitaux publics, selon les données communiquées par le porte-parole. À cela s’ajoutent 1.236 consultations réalisées durant la nuit.

    Le Comité général n’a toutefois pas détaillé, dans cette déclaration, la répartition de ces consultations par type de pathologie, établissement pénitentiaire ou catégorie de soins.

    Hatem Akrout a enfin averti que le Comité général des prisons et de la rééducation se réservait le droit de prendre des mesures légales contre toute personne qui diffuserait volontairement des informations fausses ou des données erronées susceptibles, selon l’institution, de porter atteinte à la réputation du système pénitentiaire ou de semer la confusion.

    Cette mise en garde intervient alors que les débats sur les conditions de détention et l’accès aux soins de certains détenus restent régulièrement alimentés par les témoignages de familles, d’avocats et de formations politiques.

    R.B.H

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