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Mechket Slama Khaldi promet des recrutements, des hausses de salaires et la maîtrise des dépenses

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Par Imen Nouira

    Recruter davantage, régulariser des situations professionnelles, augmenter les salaires, préserver les dépenses sociales et soutenir l’investissement, tout en maîtrisant les dépenses publiques et l’endettement. Pour 2027, le gouvernement affiche des ambitions qui semblent difficiles à concilier. Car si les engagements sont nombreux, les marges de manœuvre financières de l’État restent limitées. Entre promesses sociales et impératifs budgétaires, la question demeure : comment financer toutes ces priorités ?

    C’est l’équation à laquelle devra répondre le gouvernement en 2027. Avec 32.557 recrutements et régularisations annoncés, une masse salariale appelée à progresser de plus de deux milliards de dinars et des besoins de financement toujours considérables, la maîtrise des finances publiques s’annonce comme un exercice délicat.

    La ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, a présenté les principales orientations du gouvernement, jeudi 29 octobre 2026, lors de son audition devant les commissions des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts, selon une dépêche de l’agence TAP. Elle a notamment insisté sur la volonté de concilier la préservation des équilibres financiers, le soutien à la croissance et la poursuite des engagements sociaux de l’État.

    Recrutements, régularisations et augmentations salariales

    Parmi les principales annonces figure la programmation de 32.557 recrutements et régularisations de situations professionnelles en 2027. Selon les déclarations rapportées par la TAP, ces mesures concernent notamment les diplômés de l’enseignement supérieur, les titulaires de doctorat ainsi que la dernière tranche des ouvriers de chantiers concernés par les opérations de régularisation.

    Les documents budgétaires permettent de préciser la composition de cette enveloppe. Sur les 32.557 postes annoncés, 26.894 sont répartis entre les différents secteurs, tandis que 5.663 concernent la régularisation de la situation d’ouvriers de chantiers âgés de plus de 45 ans.

    L’Éducation bénéficie de 5.855 postes, l’Intérieur de 4.736, la Santé de 4.000 et la Défense nationale de 3.704. L’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique dispose, pour sa part, de 1.533 postes, dont 740 destinés aux titulaires de doctorat. Ces chiffres appellent toutefois une précision : les 32.557 postes ne correspondent pas nécessairement à autant de créations nettes d’emplois. Une partie concerne des régularisations de situations professionnelles existantes, tandis que l’évolution réelle des effectifs dépendra également des départs à la retraite et de la réalisation effective des recrutements.

    À ces mesures s’ajoute la poursuite des augmentations salariales programmées pour la période 2026-2028, avec l’application d’une nouvelle tranche en 2027. La ministre a indiqué que les dépenses de rémunération atteindraient 27,35 milliards de dinars, constituant ainsi le premier poste de dépenses du budget de l’État.

    Le rapport sur le projet de budget de l’État pour 2027 permet de mesurer l’ampleur de cette évolution. La masse salariale passerait de 25,27 milliards de dinars en 2026 à 27,35 milliards de dinars en 2027, soit 2,08 milliards de dinars supplémentaires, correspondant à une hausse de 8,24%. Elle représenterait 39,70% des dépenses budgétaires et 13,70% du produit intérieur brut (PIB), selon les prévisions officielles.

    Si son poids dans le PIB demeure inférieur aux niveaux enregistrés quelques années auparavant, la progression des rémunérations en valeur absolue constitue un engagement durable pour les finances publiques. Car les recrutements, les régularisations et les augmentations salariales ne produisent pas uniquement des effets sur l’exercice 2027. Ils engendrent des dépenses qui devront également être prises en charge au cours des années suivantes.

    Des engagements sociaux maintenus, mais quelles marges financières ?

    Au-delà des rémunérations, Mechket Slama Khaldi a réaffirmé la volonté du gouvernement de préserver les dépenses à caractère social. Selon la TAP, la ministre a notamment évoqué la poursuite de la compensation des carburants, des produits de base et du transport public, ainsi que le soutien aux catégories à revenus limités. Elle a également mis en avant les priorités liées à la santé, à la protection sociale, au développement régional, à l’investissement, à la sécurité alimentaire et hydrique ainsi qu’à la transition énergétique.

    Autant d’orientations qui répondent à des besoins économiques et sociaux réels, mais qui nécessitent des ressources financières importantes. Dans le même temps, le gouvernement entend rationaliser les dépenses publiques, améliorer leur efficacité, renforcer les ressources fiscales et non fiscales et maîtriser le recours à l’endettement. C’est précisément sur ce point que les engagements annoncés soulèvent des interrogations.

    Car les prévisions budgétaires ne traduisent pas une réduction générale des dépenses. Le projet de Loi de finances 2027 (PLF 2027) prévoit des dépenses de 68,90 milliards de dinars, contre 63,58 milliards de dinars inscrits dans la Loi de finances 2026, soit une augmentation de 5,32 milliards de dinars. Les dépenses de rémunération progressent, tout comme plusieurs autres catégories de dépenses. Les crédits à caractère de développement devraient notamment atteindre 12,53 milliards de dinars en 2027, contre 11,65 milliards de dinars en 2026.

    Le gouvernement entend donc financer simultanément l’augmentation des rémunérations, la poursuite de ses engagements sociaux et un effort accru en faveur du développement. Cette orientation n’est pas nécessairement incompatible avec une politique de rationalisation. Encore faut-il que celle-ci se traduise par des économies identifiables, une meilleure allocation des ressources et une amélioration mesurable de l’efficacité des dépenses. Or, les déclarations rapportées par la TAP ne précisent ni les économies chiffrées attendues ni les postes sur lesquels elles devraient être réalisées.

    Des recettes en progression, mais insuffisantes pour couvrir les dépenses

    Pour financer ses engagements, l’État mise notamment sur l’amélioration de ses recettes. La ministre a indiqué que les recettes budgétaires encaissées avaient atteint 37,07 milliards de dinars à fin septembre 2026, en hausse de 3,10% par rapport à la même période de 2025. Les recettes fiscales se sont établies à 34,95 milliards de dinars, en progression de 4,60%, avec un taux de réalisation de 73,00% des prévisions annuelles. En revanche, les recettes non fiscales et les dons n’ont atteint que 2,12 milliards de dinars, correspondant à 44,40% des prévisions. Ces résultats montrent une progression des recettes fiscales, mais également un décalage dans la mobilisation des autres ressources budgétaires.

    Pour 2027, le gouvernement prévoit de porter les recettes budgétaires à 54,28 milliards de dinars, dont 49,6 milliards de dinars de recettes fiscales. Ces ressources demeurent toutefois inférieures aux dépenses programmées, faisant ressortir un déficit budgétaire prévisionnel de 14,62 milliards de dinars.

    L’État devra ainsi continuer de recourir à l’emprunt pour couvrir ses besoins de financement. Le projet de Loi de finances prévoit, à cet effet, la mobilisation de 26,72 milliards de dinars d’emprunts intérieurs et extérieurs, destinés à financer le déficit et à répondre aux autres besoins du Trésor, notamment les remboursements de dette.

    La ministre a d’ailleurs rappelé que le service de la dette publique avait atteint 17,91 milliards de dinars à fin septembre 2026, soit plus de 77% des prévisions annuelles. Ce montant comprend le remboursement du principal et les intérêts. Elle a également évoqué le remboursement d’un emprunt d’environ 740 millions d’euros contracté sur le marché financier international. Ces échéances illustrent les contraintes auxquelles l’État doit faire face, parallèlement au financement de ses dépenses courantes et de ses politiques publiques.

    La question n’est donc pas de savoir si les recrutements, les augmentations salariales ou les dépenses sociales sont nécessaires. Elle est de déterminer comment les financer durablement, sans compromettre les autres priorités budgétaires. Le gouvernement mise sur la réforme fiscale, la numérisation de l’administration, l’amélioration des recettes non fiscales et une gestion plus efficace des ressources publiques pour renforcer ses marges de manœuvre. Mais la réussite de cette stratégie dépendra de sa traduction concrète dans l’exécution budgétaire.

    Entre les recrutements annoncés, les augmentations salariales, le maintien de la compensation, les investissements et les échéances de la dette, l’État devra démontrer qu’il peut tenir ses engagements tout en préservant les équilibres financiers qu’il affirme vouloir maîtriser.

    Car au-delà des annonces, c’est bien la capacité à financer durablement ces choix qui constituera le véritable test du budget 2027.

    I.N.

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    Commentaire

    1. le financier

      Répondre
      29 octobre 2026 | 17h19

      tout ca sans argent donc ca sera l inflation et la dette qui va financer jusqu a la faillite mais avant un peu de devaluation .
      le partage de la misere jusqu a qu il n y est plus d eau et d electrivit2

    Répondre

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